Perspectives

Haïti-PetroCaribe/Corruption : La Fondasyon Je Klere souhaite de meilleures dispositions pour la réalisation des audits complémentaires


vendredi 1er mars 2019

P-au-P, 1er mars 2019 [AlterPresse] --- La Fondasyon Je Klere (Fjkl) appelle l’Etat haïtien à mettre à disposition, au profit de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca), des moyens nécessaires à la réalisation des audits complémentaires autour du dossier PetroCaribe.

Dans un rapport daté du 27 février 2019, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse, la fondation souhaite la réalisation, dans le meilleur délai possible, des audits complémentaires des ordonnateurs, comptables publics et comptables de deniers publics, concernés par la gestion des fonds PetroCaribe de 2008 à 2016.

Un audit incomplet de la Cscca sur le programme PetroCaribe, rendu public le 31 janvier 2019, révèle combien sa gestion est marquée, entre autres, par des irrégularités graves, des fautes de gestion et des détournements de fonds.

Ce rapport constitue un pas important dans l’instauration d’une culture de reddition de comptes en Haïti, souligne la Fjkl.

À part l’audit complet, promis pour avril 2019, sur le dossier PetroCaribe, la Cscca devra réaliser, dans un délai raisonnable, les audits complémentaires de toutes celles et de tous ceux qui sont concernés par la gestion des fonds PetroCaribe, de 2008 à 2016, espère-telle.

Ces fonds, évalués à 4,237,598,789.12 dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 83.00 gourdes ; 1 euro = 100.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.80 gourde aujourd’hui), à travers le présent audit de la Cscca, proviennent de l’accord, signé, le 29 juin 2005, entre Haïti et le Venezuela.

De hauts dignitaires de l’Etat, dont des premiers ministres, ainsi que d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux et des responsables de firmes de constructions sont indexés dans la dilapidation de plusieurs milliards de dollars américains du programme PetroCaribe.

La Fondasyon Je Klere s’indigne contre le gouvernement et le parlement, qui utiliseraient le dossier PetroCaribe à des fins de propagande ou d’agitation politique.

Elle recommande au gouvernement « de laisser l’État haïtien, à travers la Direction générale des Impôts (Dgi), prendre l’initiative de la participation de l’État dans le procès et de toute communication y afférente, aux fins de respecter les règles du procès juste et équitable, qui est un engagement international d’Haïti ».

Elle l’appelle à renforcer, à travers le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), les capacités techniques du cabinet d’instruction, ainsi que les capacités techniques du parquet près le tribunal civil de Port-Au-Prince, à travers le ministère de la justice,

L’organisation de défense des droits humains demande à la Cscca de tout mettre en œuvre, en vue de finaliser à temps son deuxième rapport.

Elle l’encourage à réaliser, dans le meilleur délai, les audits complémentaires de tous les ordonnateurs et comptables, concernés par la gestion des Fonds PetroCaribe, de 2008 à 2016, et à juger les comptes de celles et de ceux, sur qui elle a juridiction.

La Cscca doit se donner les moyens pour réaliser, de manière systématique, les audits de performance de l’administration publique.

La Fondasyon Je Klere (Fjkl) invite également le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince à transmettre, au cabinet d’instruction, son réquisitoire d’informer. [emb gp apr 01/03/2019 14:10]