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Haïti-Rép. Dom. : Deux jours supplémentaires de fonctionnement des marchés frontaliers, proposent les autorités dominicaines


lundi 25 février 2019

P-au-P, 25 févr. 2019 [AlterPresse] --- Les autorités dominicaines souhaitent que les marchés frontaliers fonctionnement officiellement quatre jours par semaine, au lieu de deux jours, rapporte la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

La décision d’augmenter le nombre de jours de marché frontalier n’est pas prioritaire pour le moment. D’autres questions méritent d’être clarifiées avant de penser à cette mesure, souligne le maire titulaire d’Anse-à-Pitres, Harry Bruno.

Bruno a cité, entre autres, l’interdiction faite aux commerçantes et commerçants haïtiens de commercialiser des produits avicoles, dans le marché dominicain de Pedernales (frontière commune avec Anse-à-Pitres), ainsi que les conflits incessants entre les pécheurs dominicains et haïtiens.

Des matériels de pêche, appartenant aux Haïtiens, saisis en 2018, par des Dominicains, n’ont pas été restitués jusqu’à date, a-t-il rappelé.

Il annonce qu’il soumettra la proposition des autorités dominicaines au pouvoir central en Haïti.

Le ministre dominicain de la défense, Rubén Darío Paulino, a fait part de cette proposition, lors d’une rencontre tenue à Pedernales, le 21 février 2019, avec le directeur général des douanes de la République dominicaine, le maire de Pedernales, le délégué de ville et le responsable du bureau des douanes de cette province dominicaine.

Des représentants municipaux de la commune, de la plateforme Garr à Anse-à-Pitres (Sud-Est) et d’associations de commerçantes et commerçants y ont également pris part. La présence d’aucun membre du gouvernement n’a été constatée.

Il est important d’avoir l’avis de la population d’Anse-à-Pitres, en particulier les commerçantes et commerçants haïtiens, avant tout accord entre les deux Etats voisins, a estimé le représentant de la plateforme Garr, Jean Kellermann Jasmin.

Ces commerçants sont souvent l’objet de mauvais traitements dans le marché dominicain, a-t-il rapporté.

Il a également dénoncé le comportement des agents de la migration dominicaine, qui rapatrient des Haïtiens dans d’autres communes frontalières très éloignées d’Anse-à-Pitres, tandis qu’ils sont appréhendés à Pedernales.

Malgré les fermetures commerciales et les mesures inattendues à la frontière haïtiano-dominicaine, le marché formel des importations dominicaines vers Haïti a enregistré, en 2018, une augmentation de 6 à 7%, selon les informations disponibles dans la presse dominicaine.

Salvaro Sousa, président de l’association dominicaine des exportateurs (Adoexpo), a indiqué que son pays a exporté officiellement vers Haïti des produits pour un montant supérieur à 800 millions de dollars en 2017.

Haïti serait l’un des premiers partenaires commerciaux de la République Dominicaine, a-t-il ajouté. [emb gp apr 25/02/2019 14 :35]