Dépêches

Politique : Le Cspj exige des explications, suite au transfert, vers les États-Unis d’Amérique, de 7 étrangers arrêtés avec des armes lourdes en Haïti

Une décision « illégale et arbitraire », selon le Cspj
samedi 23 février 2019

P-au-P, 22 févr. 2019 [AlterPresse] --- Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj) demande au titulaire du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Jean Roudy Aly, de lui fournir des explications, relatives au transfert, dans l’après-midi du mercredi 20 février 2019, vers les États-Unis d’Amérique, de 7 étrangers (sur 8 suspects), dont cinq Américains, un Serbe et un Russe, arrêtés, le dimanche 17 février 2019, avec des armes lourdes en Haïti.

Cette situation « inqualifiable (…) tend à saper les fondements de l’Etat de droit et de la démocratie », dénonce le Cspj, dans une correspondance, adressée à Roudy Aly et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« La plupart des présumés délinquants, de nationalité étrangère, arrêtés en flagrant délit », avec des armes de guerre et de munitions de toutes sortes, sur le sol national, « dans ce contexte particulier », ont laissé le pays trois jours plus tard, soit le mercredi 20 février 2019, au mépris de la Constitution et des lois de la république, déplore le Cspj.

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire dit condamner une telle pratique, qu’il qualifie d’ « illégale et arbitraire ».

Seuls les tribunaux haïtiens sont compétents « pour connaître de toutes les infractions, commises sur le territoire de la république », tient à rappeler le Cspj à l’attention de Jean Roudy Aly.

Le Cspj « possède un pouvoir général d’information sur toutes les questions, relatives à la justice, notamment celles qui ont trait à son indépendance et à son mode de fonctionnement », suivant la loi du 13 novembre 2017, qui l’a créé, souligne la correspondance à Jean Roudy Aly.

Il est anormal que ce soit le titulaire du ministère de la justice, en lieu et place d’un juge d’instruction, qui ait ordonné la libération de ces individus, s’est insurgé le président de la Commission éthique et anti-corruption au sénat, Youri Latortue.

Aucune charge n’a été retenue par la justice américaine contre les cinq Américains et les 2 autres suspects détenteurs de la résidence américaine, arrivés aux Etats-Unis d’Amérique, le 20 février 2019, à bord d’un vol commercial, en provenance de Port-au-Prince, Haïti.

Les versions divergent, sur la véritable raison de la présence de ces 7 étrangers, sur le territoire haïtien.

Ces hommes auraient déclaré, aux autorités américaines, avoir été en Haïti pour fournir des services de sécurité à un homme d’affaires, travaillant pour le gouvernement haïtien, selon le journal américain Miami Herald.

Les individus arrêtés voudraient monter sur le toit de la Banque de la république d’Haïti (Brh, la Banque centrale), dans le but de dominer le bureau du premier ministre et le Parlement haïtien, et d’attenter à la vie de Jean Henry Céant, a rapporté, dans un tweet, le mardi 19 février 2019, le porte-parole du bureau du premier ministre, Pascal Adrien, citant une interview du premier ministre Jean Henry Céant à un média étranger.

Ces individus, qui auraient tenté de cambrioler la Banque centrale, n’auraient rien à voir avec l’exécutif, s’est défendu, dans les médias, Me. Reynold Georges, conseiller juridique du président Jovenel Moïse. [emb rc apr 22/02/2019 11:45]