Dépêches

Haïti-Politique : Le Cardh alerte sur la détérioration constante de la crise


jeudi 14 février 2019

P-au-P, 14 févr. 2019 [AlterPresse] --- Le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (Cardh) se dit préoccupé face à la détérioration constante de l’actuelle crise socio-politique et économique qui sévit en Haïti.

Cette dégradation entraîne notamment l’augmentation du nombre de personnes tuées par balles, la non disponibilité des soins de santé pour les blessés et les patients des hôpitaux, souligne le Cardh, dans un communiqué en date du jeudi 14 février 2019, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Il déplore le silence complice du président de la république, garant du bon fonctionnement des institutions, et des autorités devant garantir le droit à la vie et à la sécurité des biens.

Depuis huit (8) jours, les hôpitaux sont quasiment dysfonctionnels, signale-t-il, tout en appelant au respect des normes humanitaires.

Le personnel est confronté à des difficultés « pour s’approvisionner en carburant, des ambulances sont attaquées, d’autres sont bloquées. Conséquemment, les conditions des patients s’aggravent, les blessés n’ont pas accès aux soins nécessaires, le nombre de décès augmente », relève-t-il.

Selon les organismes des droits humains, une dizaine de décès ont été enregistrés lors des mobilisations enclenchées depuis le jeudi 7 février 2019, en vue d’exiger la démission de Jovenel Moïse alors que l’opposition politique parle d’une cinquantaine.

Les activités scolaires et commerciales sont encore globalement paralysées dans la capitale, Port-au-Prince et dans plusieurs villes de provinces.

Le Cardh appelle la population à faciliter le travail du personnel médical et para médical (médecins, infirmières, ambulanciers) et la Police nationale d’Haïti à s’abstenir de recourir à l’usage excessif d’armes à feu et de gaz lacrymogènes.

Les responsables de l’Etat, chacun en ce qui le concerne, doivent également agir en urgence « afin que les hôpitaux soient en condition de fournir des soins et d’autres services à la population » notamment aux manifestants et aux policiers blessés.

Le Centre d’analyse et de recherche en droits humains recommande aux autorités de garantir le droit à la vie, conformément à la Constitution et aux obligations internationales de l’Etat haïtien en matière de respect des droits humains. [emb apr 14/02/2019 12 :10]