Perspectives

Haïti-Politique : Situation tendue dans plusieurs villes d’Haïti, lors des mobilisations anti-gouvernementales du 7 février 2019

1 mort et plusieurs blessés à Mirebalais (Plateau central)
jeudi 7 février 2019

P-au-P, 07 févr. 2019 [AlterPresse] --- Une situation tendue a régné dans la capitale, Port-au-Prince, et dans plusieurs autres villes sur le territoire de la républmique d’Haïti, lors des mobilisations, ce jeudi 7 février 2019, en vue d’exiger le départ du président Jovenel Moïse, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Les participantes et participants à ces mobilisations, ayant rassemblé des milliers de manifestantes et de manifestants, dénonçaient également la vie chère dans le pays, tout en réclamant la tenue du procès PetroCaribe.

Depuis la veille, la tension était perceptible, non seulement à Port-au-Prince, mais aussi en province, en prévision de la grande manifestation populaire, annoncée pour ce jeudi 7 février 2019, 33e anniversaire de la chute des Duvalier (François Duvalier 22 septembre 1957 - 21 avril 1971, Jean-Claude Duvalier 22 avril 1971 - 7 février 1986).

Le mercredi 6 février 2019, beaucoup d’institutions et d’organismes avaient demandé à leurs employés de laisser les bureaux des 12:00 pm locales (17:00 gmt), pour regagner leurs domiciles, dans l’éventualité de turbulences et de troubles divers.

L’après-midi du 6 février 2019 était agitée : des parents s’empressant d’aller chercher leurs enfants à l’école, un grand nombre de citoyennes et de citoyens s’efforçant d’aller retirer de l’argent liquide dans les banques commerciales, beaucoup se hâtant de s’approvisionner dans les marchés publics et les supermarchés de proximité.

Imprévisibles, les jours à venir pourraient devenir sombres, disent-ils.

Immédiatement, après les premiers bouchons considérables, les rues se sont vidées. Des tirs d’armes sporadiques ont été entendus çà et là.

La nuit du mercredi 6 février 2019 était marquée par beaucoup d’incertitude.

Atmosphère de grève générale non déclarée le 7 février 2019

Les activités ont été globalement paralysées dans le pays, ce jeudi 7 février 2019, à l’occasion des mobilisations anti-gouvernementales, visant à demander des comptes sur la mauvaise gestion des fonds PetroCaribe de l’aide vénézuélienne à Haïti, entre autres.

Il y a eu paralysie des activités scolaires et commerciales, fermeture des institutions publiques et privées, des banques, des supermarchés et des pompes à essence.

À part quelques taxis-motos, les véhicules de transports publics et privés ne fonctionnaient pas dans les rues.

Des barricades de pneus usagés enflammés, de pierres et d’objets divers ont été dressées sur certaines artères de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, où certains protestataires empêchaient certains véhicules de franchir les barricades.

Une personne morte et plusieurs autres blessées à Mirebalais

Des affrontements entre des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et des civils armés ont eu lieu dans la ville de Mirebalais (bas Plateau central, à une cinquantaine de km, au nord-est de Port-au-Prince), suite à la mort, dans la localité de Mawouj, d’une femme (répondant au nom de Darline Lubin, 28 ans) heurtée par un véhicule en fuite au moment d’une intervention policière, rapporte à AlterRadio le reponsable de Radio Pulsar (99.1 Fm), Jean Faubert Cadet.

Le véhicule, à l’origine de l’acccident, a été incendié par les manifestants.

Les troubles ont eu lieu après que des agents de police ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants, qui tentaient de dresser des barricades de pneus usagés enflammés sur la route nationale No. 3.

Un bilan partiel fait état d’un policier national et de 4 civils blessés par balles, lors des troubles du 7 février 2019 à Mirebalais.

Grande manifestation populaire le 7 février 2019 à Port-au-Prince

Rassemblées en différents points de la capitale, Port-au-Prince, les branches de la manifestation antigouvernementale se sont fusionnées à l’intersection de la route de l’aéroport international et de la route de Delmas.

La foule a parcouru les routes de Delmas, de Pétionville, de Bourdon, de l’avenue John Brown (plus connue sous le nom de Lalue), pour aboutir au Champ de Mars (principale place publique de la capitale), où elle a été dispersée avec des canons à eau et gaz lacrymogènes, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh).

Des barricades de pneus usagés enflammés ont été remarquées dans plusieurs endroits de la capitale, notamment sur une bonne partie de la route de Delmas, où la situation a été très tendue, par moments. Des blessés par balles ont été signalés.

La manifestation du 7 février 2019 a été une réussite totale, estime Me Michel André, porte-parole du secteur démocratique et populaire, appelant à nouveau le président Jovenel Moïse à laisser le pouvoir, pour éviter au pays de tomber dans un chaos.

Le coordonnateur de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh), Josué Mérilien a dénoncé la dégradation, à nulle autre pareille, des conditions de vie de la population haïtienne.

L’Unnoh plaide en faveur de la mise en place d’une transition de rupture avec les pratiques de corruption, qui règnent en Haïti. [emb rc apr 07/02/2019 15:40]