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Haïti-Genre : Plusieurs femmes, victimes de la dictature des Duvalier, se souviennent


jeudi 20 décembre 2018

P-au-P, 20 déc. 2018 [AlterPresse] --- Les stigmates de la dictature des Duvalier (1957-1986) sont encore présents dans les mémoires des femmes victimes sous ce régime, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Parmi les nombreuses militantes, victimes de la milice paramilitaire des Tonton makout, l’on se souvient encore d’Yvonne Hakim Rimpel.

« Elle était très avant-gardiste, sans la peur et surtout très déterminée. C’est grâce à son combat que les femmes peuvent voter en Haïti », a déclaré une des membres fondatrices de Devoir de mémoire Haiti, Guyrlène Sales, à l’émission Espas Fanm sur AlterRadio (29 novembre 2018).

« À vous mon général » et « Vœux de Noël » sont les deux articles tranchants, que la journaliste, critique et militante acharnée, a adressés au général Antonio Kébreau.

Offusqué de cet affront, le destinataire a fait en sorte qu’elle souffre le martyr.

Nombreuses et nombreux sont celles et ceux, qui se souviennent de la date du 28 novembre 1980, 38 ans (en l’année 2018) depuis qu’un groupe de journalistes ont été maltraités et exilés.

Bien avant ce funeste événement, il y a eu l’histoire de la journaliste, militante Yvonne Hakim Rimpel, qui a été battue et laissée pour mort dans la nuit du 4 au 5 janvier 1958.

Avec sa formation de journaliste, la militante des droits des femmes, Yvonne Hakim Rimpel, menait un combat à travers son journal « Escale » dans les débuts des années 1950. Elle fut la toute première femme journaliste, qui fonda un journal.

Avec la Ligue féminine d’action sociale, qu’elle a intégrée en 1934, Yvonne Hakim Rimpel s’est mise à la tête d’une manifestation pour revendiquer le droit des femmes de voter, comme les hommes, aux élections en Haïti.

D’autres femmes ont dénoncé les actes arbitraires et répressifs du régime des Tonton makout et même après la chute de ce régimedes Duvalier, en raison du fait que la démocratie tardait encore à s’implanter.

Parmi elles, les chanteuses engagées comme Martha Jean-Claude [1] et Farah Juste.

L’on se souvient encore du massacre à la rue Vaillant, à Port-au-Prince, le dimanche 29 novembre 1987, événement qui a marqué les âmes haïtiennes, tout comme la chanteuse engagée Farah Juste l’a immortalisé avec sa chanson 29 novanm 1987.

Intervenant à l’émission Espas Fanm sur AlterRadio, Farah Juste, qui a connu de nombreuses arrestations pour sa militance, regrette combien les femmes ne s’impliquent pas assez dans le combat politique en Haïti.

« Je n’ai jamais entendu parler d’aucune manifestation (politique), organisée par les femmes en Haïti. Si toutefois cela se produit un jour, je serai parmi elles le jour de l’évènement », déclare la chanteuse militante. [dj emb rc apr 20/12/2018 16:20]

[1Ndlr : Née à Port-au-Prince le 21 mars 1919, Martha Jean-Claude mourut à La Havane / Cuba le 14 novembre 2001, à l’âge de 82 ans. Elle fut emprisonnée, à Port-au-Prince, le 20 décembre 1952, alors qu’elle était enceinte de 3 mois.