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Haïti-Insécurité : Les événements sanglants du 13 novembre 2018 à La Saline, ’’un massacre d’Etat’’, estime le Rnddh


lundi 3 décembre 2018

P-au-P, 3 déc. 2018 [AlterPresse] --- Les événements sanglants du mardi 13 novembre 2018 au cours desquels 59 personnes dont 16 femmes et 6 mineurs ont été assassinées constituent ’’un massacre d’Etat’’, selon le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh).

2 personnes sont portées disparues, 5 autres ont été blessées par balles et 7 femmes ont été violées, lors de cette tuerie, indique-t-il, dans un rapport en date du 1er décembre 2018 dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Au moins 150 maisons ont été soit vandalisées, criblées de balles ou incendiées.

Le Rnddh signale que 5 morts et 9 blessés par balles ont été également enregistrés à La Saline, le 1er novembre 2018.

Il dénonce l’implication présumée de certaines autorités étatiques dans la préparation de l’attaque du 13 novembre 2018, alors que d’autres, mises au courant, ne sont pas intervenues à temps pour l’empêcher, fustige-t-il.

’’Ces événements résultent de la cohabitation qui existe entre les autorités et gouvernementales et les gangs armés’’, avance le Rnddh, tout en condamnant le silence « complice » de l’Etat.

Ils constituent le deuxième plus criminel massacre enregistré, depuis 1986, après le départ pour l’exil du dictateur et ancien président à vie Jean Claude Duvalier, constate le Réseau.

Il rappelle que la tuerie de Jean Rabel avait, pour sa part, causé le décès de 139 paysans.

Il appelle les autorités locales ainsi que les membres de l’exécutif et du législatif à cesser de fournir des armes et des munitions aux gangs armés car, dit-il, « la circulation incontrôlée de ces armes à feu dans le pays aggrave chaque jour un peu plus la situation sécuritaire ».

Ces assassinats n’auraient pas eu lieu si les gangs armés n’avaient pas été alimentés en armes et munitions, pense-t-il.

Certaines autorités ont été pointées du doigt dans le cadre des événements survenus à La Saline au cours du mois de novembre 2018, selon des témoignages recueillis par le Rnddh.

Les noms de Fednel Monchery, directeur général du Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales, Joseph Pierre Richard Duplan, délégué départemental de l’Ouest, Gregory Antoine, alias Ti Greg, agent de Police, en détachement avec le délégué départemental de l’Ouest, Jimmy Cherizier, alias Barbecue, agent de de la Pnh y ont été cités.

Le Rnddh recommande aux autorités concernées d’enquêter sur tous les événements survenus à La Saline dans le but d’identifier les victimes ainsi que les armes avec lesquelles elles ont été assassinées et leur provenance.

L’enquête doit également faire la lumière sur l’utilisation des matériels roulants et des uniformes de la Pnh et l’implication des agents de l’institution, dans ce massacre.

L’organisme de défense des droits humains demande aussi de punir tous ceux qui étaient impliqués dans ce massacre d’Etat, sans considération économique, politique et sociale. [emb gp apr 03/12/2018 13 :00]