Dépêches

Haïti : Violence à La Saline, 3 morts selon la police, 15 morts selon la Fondation je klere


samedi 17 novembre 2018

P-au-P., 17 nov. 2018 [AlterPresse] --- Un écart énorme sépare le bilan, fourni par les autorités policières, et celui, publié par la Fondation je klere (Fjkl), suite aux violences qui se sont produites, dans la nuit du mardi 13 novembre 2018, dans le quartier périphérique de La Saline (à l’ouest de Port-au-Prince), observe AlterPresse.

Trois personnes ont été tuées, selon les chiffres communiqués par la police le 16 novembre 2018, tandis qu’un rapport, rendu public par la Fjkl, le même jour, fait état de 15 à 25 morts, des suites d’affrontements entre groupes rivaux.

Au nombre des victimes, figurent également 6 femmes qui ont été violées, ajoute la Fondation je klere.

Cette dernière signale aussi le pillage de 15 maisons et des déplacements internes de milliers de citoyennes et de citoyens.

Ces attaques sont motivées par la volonté de contrôle du marché de la Croix-des-Bossales (Ndlr : le marché Croix des Bossales est le plus grand marché public, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, où vont s’approvisionner régulièrement plusieurs petites commerçantes et petits commerçants, ainsi que différentes entreprises et services divers), « un conflit vieux de plusieurs années » et « exacerbé par la question politique, exploitée par les partisans et adversaires du pouvoir en place », explique la Fjkl.

L’organisme de défense des droits humains appelle à une « enquête judiciaire sérieuse », autour de cette tuerie, et demande à l’État de venir en aide aux parents des victimes et aux personnes déplacées.

Il recommande le rétablissement de l’autorité de l’État dans la zone, le désarmement des groupes armés et l’identification des fournisseurs d’armes et de munitions aux groupes armés.

La police a entamé, le vendredi 16 novembre 2018, une opération pour mettre les bandits hors d’État de nuire, informe la secrétairerie d’État à la sécurité publique.

Le Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) est attendu, le mardi 20 novembre 2018, au sénat, dans l’objectif de fournir des explications sur la recrudescence de l’insécurité et la violence qui affectent la population. [gp apr 17/11/2018 07:00]