Perspectives

Haïti : C’est l’impunité qui favorise la corruption, selon le professeur Ludovic Comeau Jr. du Grahn


samedi 27 octobre 2018

P-au-P, 26 oct. 2018 [AlterPresse] --- Le docteur en sciences économiques et professeur d’Université à Chicago (États-Unis d’Amérique), Ludovic Comeau Jr. pointe du doigt l’impunité, qui favorise le règne de la corruption en Haïti, où un changement profond s’impose.

La corruption est généralisée dans le pays à cause de l’absence de punition, relève le professeur d’Université et président du Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (Grahn), branche États-Unis, insistant sur la nécessité d’un changement de système.

Ludovic Comeau Jr. intervenait à l’émission TiChèzBa, animée par Gotson Pierre et prévue pour être diffusée les samedi 27 et dimanche 28 octobre 2018 sur la station AlterRadio 106.1 FM et alterradio.org (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm).

Dans une pétition mise en circulation le 19 octobre, le Grahn appelle à promouvoir un nouveau projet de société en Haïti, où des mobilisations contre la corruption se sont accrues, notamment contre la dilapidation présumée de 3.8 milliards de dollars des fonds PetroCaribe d’aide vénézuelienne.

Les manifestations citoyennes du 17 octobre 2018 pour demander de faire la lumière sur l’utilisation des fonds PetroCaribe sont historiques en termes d’effectif, estime le professeur Comeau.

Il exhorte les dirigeants haïtiens à être à l’écoute des revendications de la population haïtienne qui croupit dans la misère.

Le partage, la solidarité, l’éducation, le respect de l’environnement et le culte du bien commun

Selon le Grahn, la nouvelle Haïti doit être fondée sur le droit, la justice, le partage, la solidarité, l’éducation, le respect de l’environnement et le culte du bien commun.

L’économiste Ludovic Comeau encourage notamment les médias à effectuer une grande campagne de sensibilisation et d’éducation auprès de la jeunesse et de la société, en général, sur les principes immuables de comportements et de moralité publique à adopter.

Il invite à rompre avec la mentalité courante : « ôte-toi que je m’y mette » et appelle tous les secteurs à un consensus social pour définir un projet de société pour les deux prochaines générations, au moins.

Le professeur Comeau estime qu’il faut s’attaquer aux problèmes fondamentaux de société, en concevant un plan de refonte d’Haïti.

À travers ce nouveau projet de société, il conviendrait d’implémenter des pôles de développement à travers le pays pour la création constante d’emplois notamment pour les jeunes.

La société haïtienne avec « une économie très anémiée » (Taux de change : environ 73 Gourdes pour 1 dollar), est bloquée du point de vue de la création de richesses et d’emplois, déplore-t-il.

Le docteur en sciences économiques appelle l’Etat à faire de la création d’emplois une urgence nationale.

Il plaide en faveur d’un climat accueillant pour les investissements, d’une politique de déconcentration des services publics dans une perspective d’accès aux ressources ainsi que d’une éducation de qualité en Haïti. [emb gp apr 26/10/2018 15 :25]