Développement durable

Haiti : 10 ans après, progrès significatif en matière de TICs, mais ...


mercredi 23 mars 2005

P-au-P., 23 mars. 05 [AlterPresse] --- Haiti a fait des progrès significatifs en matière de Technologies de l’Information et de la Communication (TICs), 10 ans après les premières expériences d’Internet en Haiti, mais le pays conserve un important écart défavorable par rapport à ses voisins immédiats, a estimé Jean-Marie Raymond Noel, Directeur National du Projet d’Accompagnement d’Haiti dans la Société de l’Information (AHSI) des Nations Unies.

Dans un document publié en marge d’un forum bilan des 10 ans de l’Internet en Haiti, Noel a relevé « une attitude très positive de la population, malgré le faible degré d’exposition technologique ». Les TIC sont perçues comme un raccourci efficace vers le développement socio-économique du pays, a-t-il précisé, se référant à une étude effectuée en 2002.

Faisant l’historique de l’Internet en Haiti, Noel a indiqué que le pays a démarré la course du numérique presque en même temps que les autres pays de l’Amérique latine et des Caraïbes avec les premières connexions en 1995. Malgré de multiples contraintes, le nombre de fournisseurs d’accès, le nombre d’institutions connectées, le nombre de particuliers ayant directement ou indirectement accès à Internet ont considérablement crû entre 1997 et 2002, a-t-il noté.

Le récent Indice d’Accès Numérique (DAI), qui mesure la possibilité pour les individus d’un pays d’accéder et d’utiliser les technologies de l’information et de la communication (TICs), montre un écart considérable d’Haïti par rapport à ses voisins immédiats. La valeur actualisée du DAI, calculée par un Observatoire sur la Pénétration des Technologies de l’Information et de la Communication en Haïti (OPTICH), est de 0,25.

Ce même indice est de 0,38 à Cuba, 0,42 en République Dominicaine, 0,53 en Jamaïque et 0,78 aux Etats-Unis.

Le faible accès de la population haïtienne aux TICs est, selon Noel, « le résultat de la mauvaise gouvernance (ou tout simplement de l’absence de gouvernance) de ce pays, au cours des dernières décennies ». Noel a particulièrement souligné la non révision du cadre légal régissant les opérations de télécommunications. « La législation vieille de 28 ans est antérieure au concept d’autoroute de l’information et de la communication et ne fait pas de provision d’une façon explicite pour les nouvelles technologies », a-t-il expliqué.

Le Directeur National du Projet AHSI/PNUD a également imputé la mauvaise performance d’Haïti en matière de TICs à la non constitution de la Commission Nationale sur la Société de l’Information. Elle devait non seulement contribuer à la préparation de la participation du pays aux différentes assises régionales et mondiales, mais aussi permettre la prise en compte de la dimension multisectorielle de la question.

Des initiatives importantes pour la promotion des TICs ont cependant été prises au niveau de divers secteurs, a souligné Noel. Il a mentionné le premier point Refer (Réseau Electronique Francophone pour l’Education et la Recherche) qui na été inauguré en 1996, le centre SYFED (Système Francophone d’Edition et de Documentation), la foire Infotel, sorte de caravane technologique qui a sillonné la plupart des départements du pays, la conception de Point d’Information et de Communication (PIC), la mise en opération du domaine .ht et un travail de plaidoyer soutenu par plusieur groupes ou insititutions.

A propos des cybercafés, Noel a fait remarquer qu’ils « ouvrent l’accès des TIC à cette catégorie de gens désireux de communiquer, de s’informer mais incapable de s’acheter un ordinateur et/ou une connexion Internet ». En 2002, 187 cybercafés ont été recensés dont 156, soit 85 % dans l’Aire Métropolitaine, 18 dans le Grand Sud et 13 dans le Grand Nord. La pénétration des villes de province par les cybercafés est globalement très faible. Elle est significative seulement au Cap-Haïtien et à Jacmel où il a été dénombré respectivement 9 et 8 cybercafés.

Le forum bilan des 10 ans de l’Internet en Haiti se poursuit ce 23 mars à Port-au-Prince (au local de FOKAL, ave. Christophe) et touche les thèmes des services et applications liés aux TICs, des utilisateurs et usages des TICs en Haiti. [gp apr 23/03/2005 12:00]