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Haïti-Rép. Dom : Dénonciation du laxisme des autorités haïtiennes face au processus de régularisation des migrants haïtiens


mercredi 22 août 2018

P-au-P, 21 août 2018 [AlterPresse]--- À moins de cinq jours de la fin du délai accordé aux migrants haïtiens, soit le 26 août prochain, les autorités haïtiennes n’ont entrepris aucune démarche auprès du gouvernement dominicain pour un prolongement du moratoire.

C’est ce qu’avance le directeur des affaires dominicaines au Ministère des affaires étrangères, Joseph Pierre Lamothe, dans une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

Le programme de régularisation avait buté sur l’incapacité de l’État haïtien à envoyer des passeports aux compatriotes concernés afin de régulariser leur statut, affirme-t-il.

Malgré le délai qui a été accordé aux migrants haïtiens, au moins une dizaine d’Haïtiens et Haïtiennes sont déportés, chaque semaine, rapporte-t-il.

Ces déportations se font, le plus souvent, en violation des principes fondamentaux des droits humains et de plusieurs conventions internationales y relatifs.

Haïti n’avait pas entrepris des démarches efficaces permettant cette régularisation depuis le vote de la loi sur la migration en République dominicaine en août 2004, souligne, de son côté, l’ancien ministre des Haïtiens vivant à l’étranger (Mhave), Edwin Paraison.

Les autorités haïtiennes ont raté une autre opportunité en 2013 lorsque la Cour constitutionnelle dominicaine a pris l’arrêt 168-13 consistant à « dénationaliser » plusieurs dominicains d’ascendance haïtienne, regrette-t-il.

La Commission de concertation haitiano-dominicaine (Cchd) a souhaité une reconsidération de la part des autorités dominicaines de l’échéance du 26 août 2018, date à laquelle des milliers d’Haïtiens seront menacés d’expulsion.

Si les autorités ne trouvent pas un consensus sur le statut des migrants et migrantes, des déportations et rapatriements pourraient avoir lieu, à partir de cette date, craint-elle.

Sur 206,062 étrangères et étrangers, inscrits, au total, dans le programme du Pnre, 196,124 ressortissants haïtiens ont été acceptés.

Parmi eux, certains ont eu des cartes de non-résidence, alors que d’autres ont été écartés du processus, suivant une enquête nationale sur la migration, publiée en 2018, a rappelé le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr). [fb emb vs apr 21/08/2018 13 :40]