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Haïti-Politique : Risque d’un mauvais départ pour Jean Henry Céant, s’il est ratifié comme premier ministre


mardi 14 août 2018

P-au-P, 14 août 2018 [AlterPresse] --- Le premier ministre nommé, Jean Henry Céant, aura un mauvais départ en tant que chef du prochain gouvernement si son cabinet ne dispose pas d’un nouveau budget pour l’exercice fiscal 2018-2019, met en garde l’économiste Eddy Labossière, dans un entretien à la station AlterRadio.

Le président de l’Association haïtienne des économistes (Ahe) a indiqué que le cycle budgétaire exige que le projet de loi de finances du prochain exercice doive être disponible au parlement le 30 juin de chaque année.

"Or, voilà que le premier ministre nommé peine encore à former un cabinet ministériel pour remplir cette formalité", critique Labossière.

Le scénario le plus plausible au niveau du parlement serait de voter le budget rectificatif 2017-2018 à la fin de l’exercice et de le reconduire pour l’année 2018-2019, anticipe l’économiste.

"C’est là que le bât blesse. Ce budget rectificatif était à l’origine des émeutes des 6,7 et 8 juillet 2018, ayant provoqué des pertes en vies humaines et des actes de pillages", nuance-t-il.

Ces émeutes avaient provoqué la démission du premier ministre Jack Guy Lafontant, suite à une tentative d’augmentation exorbitante des prix du carburant.

Elles avaient aussi contraint le pouvoir à faire retrait du projet de loi de finances de l’exercice fiscal 2018-2019, à hauteur de 175 milliards de gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 70.00 gourdes ; 1 euro = 85.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui).

Le président de l’Ahe dit espérer que le premier ministre nommé supprimerait les privilèges accordés aux parlementaires et aux membres de l’exécutif, afin de les investir dans des secteurs plus bénéfiques pour le pays.

Ces avantages seraient évalués à 40 milliards de gourdes, selon Labossière.

Le titulaire du Ministère de l’économie et des finances (Mef), Jude Alix Patrick Salomon, actuellement démissionnaire, avait déposé, dans l’après-midi du jeudi 28 juin 2018, au parlement, le projet de loi de finances 2018-2019, deux jours avant l’échéance constitutionnelle, le 30 juin 2018.

Le projet de loi des règlements 2016-2017 et le budget rectificatif 2017-2018 y ont été également acheminés.

Le budget rectificatif 2017-2018 serait passé de 144 milliards de gourdes à 156 milliards de gourdes. [wdb emb gp apr 14/08/2018 11 :45]