Dépêches

Haïti-Gouvernance : L’urgence d’un budget à deux mois de la fin de l’exercice fiscal


lundi 13 août 2018

P-au-P, 13 août 2018 [AlterPresse] --- « Nous sommes à deux mois de la fin de l’exercice fiscal et le pays ne sait pas quel budget va être en exécution, déplore l’économiste Kesner Pharel, Pdg du Groupe Croissance.

Le gouvernement démissionnaire de Jacques Guy Lafontant a fait retrait du projet de loi de finances de l’exercice fiscal 2018-2019, suite aux émeutes des 6, 7 et 8 juillet derniers, occasionnées par une tentative d’augmentation exorbitante des prix du carburant.

Les parlementaires feraient mieux de se préoccuper de cette question cruciale au lieu de concentrer toute leur énergie sur le partage de portefeuilles ministériels, conseille l’économiste au cours de l’émission TiChèzBa, diffusée sur la station en ligne AlterRadio. Il regrette qu’aucune leçon n’a été tirée des erreurs passées.

S’il veut recevoir la bénédiction du parlement, le premier ministre nommé, Jean Henry Céant (pour remplacer le docteur Jack Guy Lafontant) doit former un gouvernement d’union nationale qui reflète les différentes forces politiques représentées au sein de l’institution, avait exigé le président de la chambre des députés Gary Bodeau.

Le budget 2018-2019, à hauteur de 175 milliards de gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 69.00 gourdes ; 1 euro = 85.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), avait été déposé, dans l’après-midi du jeudi 28 juin 2018, au parlement, deux jours avant l’échéance constitutionnelle, le 30 juin 2018.

Le budget rectificatif 2017-2018, également acheminé au parlement, serait passé de 144 milliards de gourdes à 156 milliards de gourdes.

Un budget de "rupture"

20,3 milliards de gourdes sont prévus pour les investissements sociaux dans ce budget alors que 29.9 milliards de gourdes seront dépensées pour les biens et services de l’État, dénonce l’économiste Kesner Pharel dans cette interview à AlterRadio.

Le conseiller politique du président de la République, Guichard Doré avait même reconnu qu’il y avait trop de dépenses non essentielles dans ce budget, rappelle-t-il.

Cette position « dit clairement que le gouvernement ne comprenait pas réellement l’état du pays avant le 6 juillet, la rupture (au niveau du budget) n’a pas été faite », estime Pharel.

Le pays a maintenant besoin d’un "budget de rupture" avec les pratiques traditionnelles, soutient-il, invitant les autorités à investir dans les domaines de la santé, de l’environnement et des infrastructures. [emb gp apr 13/08/2018 13 :00]