Perspectives

Haïti-Crise : Le café brûlant, mais non fumant, de grand’mère


mardi 31 juillet 2018

Par Gotson Pierre

P-au-P., 31 juil. 2018 [AlterPresse] --- Après trois semaines de consultations auprès de plusieurs secteurs, le président Jovenel Moïse n’arrive pas encore à désigner un premier ministre, susceptible de répondre aux attentes de la population, dont la colère a été d’une rare violence les 6, 7 et 8 juillet 2018, particulièrement à Port-au-Prince, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Les communicants de la présidence tentent d’assurer que le nom du nouveau premier ministre sera connu sous peu. Mais Jovenel Moise ne semble pas pressé, malgré la ronde des noms de premiers ministrables sur les réseaux sociaux.

Comment trouver la bonne mesure et mettre la main sur l’épaule de celui ou celle qui saura prononcer le mot espéré par chacun/chacune, dans une société écartelée ?

Le choix du premier ministre représente un exercice périlleux pour Jovenel Moïse, qui n’a nullement droit à l’erreur, lui qui a vu sa politique des 17 derniers mois sévèrement sanctionnée dans le sang, le feu et les casses.

Les récentes émeutes, survenues suite à une tentative d’augmentation des prix des produits pétroliers, ont non seulement provoqué la démission, le 14 juillet 2018, du premier ministre Jack Guy Lafontant, mais aussi occasionné la mort de 20 personnes, des attaques contre 84 entreprises et l’incendie de 76 véhicules.

Jovenel Moïse jouerait la prudence. A moins d’avoir un as de trèfle ou de pique bien au fond de sa poche arrière, comme on dit ici.

Sinon, il hésiterait, selon certaines sources, entre un profil de chef de gouvernement et un dialogue national, tant réclamé par plusieurs secteurs, alors que les états généraux qu’il avait lancés, il y a quelques mois, n’ont jamais pu décoller.

Compétence, crédibilité et capacité d’écoute sont mis en avant dans cette conjoncture où les acteurs politiques et les pouvoirs d’État sont dos au mur, le secteur économique en partie décrié, les acteurs sociaux affaiblis et limités, les besoins astronomiques.

Voilà qui fait dire à un ancien député, que le calme (et l’attente), observé à travers le pays, ressemble à un café de grand’mère, brulant, et pourtant non fumant. [gp apr 31/07/2018 00:30]