Perspectives

Haïti-Crise : Début des tractations pour la mise en place d’un nouveau gouvernement


mardi 17 juillet 2018

Par Gotson Pierre

P-au-P., 17 juil. 2018 [AlterPresse] --- Le président Jovenel Moïse annonce, pour ce mardi 17 juillet 2018, le début des consultations avec le parlement pour le choix d’un nouveau premier ministre, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Il a, à cette fin, adressé, le lundi 16 juillet 2018, une lettre au président du sénat, Joseph Lambert, pour lui confirmer la démission du premier ministre Jack Guy Lafontant et l’inviter à une réunion, au palais présidentiel, à la mi-journée de ce mardi.

Lafontant avait annoncé sa démission, lors d’une intervention, le samedi 14 juillet 2018, à la chambre des députés. Accompagné des membres de son gouvernement, Jack Guy Lafontant avait répondu à une demande d’interpellation, initiée le 28 juin 2018.

La situation s’est compliquée avec les violentes émeutes, du vendredi 6 au dimanche 8 juillet 2018, après l’annonce de l’augmentation des prix du carburant entre 38% et 51%.

La démission de Jack Guy Lafontant a été réclamée par de nombreuses voix, malgré le retrait de cette mesure d’augmentation des prix des produits pétroliers, le 7 juillet 2018, le jour même où elle devait entrer en vigueur.

Depuis, Jovenel Moïse a multiplié des rencontres avec des délégations de plusieurs secteurs.

Il a promis, le samedi 14 juillet 2018, dans un message télévisé, de mettre sur pied un gouvernement inclusif.

Des appels en faveur de la formation d’un gouvernement d’ouverture

Dans certains milieux politiques, une des options, qui a été promue, est celle de la formation d’un gouvernement d’ouverture, soit une équipe gouvernementale incluant des personnalités non inféodées au pouvoir en place.

Des secteurs d’opposition font part de la nécessité d’une large concertation et insistent sur le critère de l’honnêteté des membres du prochain gouvernement.

Pour d’autres franges de l’opposition, c’est le moment de jeter les bases d’une vraie conférence nationale, qui établirait les conditions de la mise en place du nouveau gouvernement.

Plusieurs actrices et acteurs mettent l’accent, de préférence, sur l’orientation politique à définir, dans cette situation de crise, où la politique, appliquée par l’exécutif depuis 17 mois (depuis février 2017), a été violemment rejetée.

Pour eux, il faudrait que, concrètement, le budget du prochain exercice fiscal (1er octobre 2018 - 30 septembre 2019) reflète des options, en rupture avec les dispositions qui ont conduit à la dégradation économique et sociale en Haïti.

Des mouvements sociaux fixent leur position

Une plateforme de 4 organisations paysannes nationales prône un changement d’État, passant par la démission de l’actuel chef de l’État et la mise en place d’un gouvernement de transition. Ce dernier aurait pour mission d’implémenter des mesures, correspondant à un changement de système.

C’est un appel à la résistance, que lance, pour sa part, l’organisation féministe Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), qui veut des dirigeants, capables de concilier les intérêts de toutes les couches et catégories de la société.

Sofa invite les secteurs démocratiques, populaires et les forces progressistes, en général, à continuer de se mobiliser contre les mesures d’austérité. [gp apr 17/07/2018 05:00]