Dépêches

Haïti/Violence : Des familles fuient Martissant en proie à la terreur des gangs


mercredi 4 juillet 2018

P-au-P, 03 juil. 2018 [AlterPresse] --- Des familles abandonnent la zone de Martissant (ensemble de quartiers du sud de la capitale) où la terreur des gangs semble s’être accentuée durant les dernières semaines, rapportent à AlterPresse des riverains qui ont pris refuge dans des quartiers limitrophes.

« Ce n’est plus possible de rester, j’ai du fuir avec ma famille », déclare une mère de famille, la voix empreinte d’émotion, dans une conversation téléphonique avec AlterPresse.

Des témoignages font état de tirs incessants à l’arme automatique, d’assassinats, de vols et d’incendies de maisons, attribués à des gangs rivaux en lutte apparemment pour le contrôle de l’espace.

« Maintenant, ils (les gangs) mettent le feu », affirme notre source, indiquant que le lundi 2 juillet 2018, une douzaine de maisons ont été incendiées.

Dans cette situation de vive tension, où l’on compterait des morts et blessés, les activités quotidiennes sont paralysées.

Une source policière a fait part à AlterPresse de la difficulté de traiter le problème des gangs, dans certains quartiers de la capitale, à cause d’éventuelles interférences politiques.

La police n’est pas parvenue à rétablir l’ordre à Martissant, en dépit de plusieurs interventions sporadiques ou prolongées.

Le gouvernement minimise les problèmes de sécurité qui affectent certains quartiers. Interrogé, il y a quelques semaines, par la presse, sur la situation sécuritaire du pays, le chef du gouvernement, Jack Guy Lafontant, a laissé entendre que ce n’était pas si grave.

Le 9 juin 2018, Romelien Saint Jean, alias Tèt kale (crâne rasé), un présumé chef de gang opérant à Martissant, a été libéré sur ordre de Me Clamé-Ocnam Daméus, commissaire du gouvernement près le tribunal civil de la capitale, sur la base que le concerné n’a fait l’objet d’aucune plainte.

Depuis quelques mois, le dossier des gangs armés, qui font la loi dans les quartiers populaires, a refait surface, après la disparition, à Gran Ravin, du photojournaliste Vladjimir Legagneur, le mercredi 14 mars 2018.

Le photojournaliste de 30 ans s’était rendu à Gran Ravin pour réaliser un reportage sur les conditions de vie dans ce quartier. Depuis lors, il n’est jamais revenu à son domicile.

La corporation des journalistes s’est mobilisée. Une enquête judiciaire est en cours. La police n’a pas fourni d’information sur la suite de l’enquête policière, qui a été ouverte. [mj jf gp 04/07/2018 08:00]