Perspectives

Haïti-Politique : L’interpellation du chef du gouvernement, un passage obligé, selon le député Ketel Jean-Philippe


samedi 16 juin 2018

P-au-P, 15 juin 2018 [AlterPresse] --- L’interpellation du premier ministre Jack Guy Lafontant constitue un passage obligé pour dénouer la crise au parlement, laisse entendre le député de la ville de Jacmel (Sud-Est), Ketel Jean-Philippe, également vice-coordonnateur de l’Organisation du peuple en lutte (Opl).

’’Nous nous attendons à ce que la conférence des présidents fixe la date de l’interpellation du premier ministre’’, laquelle sera à l’ordre du jour, lors d’une prochaine séance, espère-t-il.

Le parlementaire participait à l’émission TiChèzBa, prévue pour être diffusée les samedi 16 et dimanche 17 juin 2018, sur la station AlterRadio 106.1 FM et en ligne (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm, sauf perturbations à cause de la coupe du monde de football masculin senior).

Le lundi 11 juin 2018, le premier ministre Jack Guy Lafontant a été hué, au parlement, où il devait présenter le bilan de ses actions au cours des 6 derniers mois (janvier à juin 2018), lors de l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année législative.

Selon Ketel Jean-Philippe, c’était une réaction du groupe des députés minoritaires, pour montrer qu’ils son prêts à se battre et à se faire entendre.

Il souligne une certaine passivité des députés majoritaires lors de cette séance, qui pourrait justifier une démission du premier ministre.

Il exhorte les autorités à assumer leurs responsabilités, en mettant de l’ordre au sein de l’Etat, afin de résoudre graduellement l’hémorragie.

¨L’important est d’avancer dans une dynamique qui pourrait profiter aux intérêts de la population¨, fait-t-il remarquer, tout en plaidant en faveur de meilleurs résultats dans la gestion gouvernementale.

Il déplore une situation d’insécurité dans le pays, où les bandits font la loi, ainsi que les problèmes d’éducation, d’accès aux soins de santé et à l’électricité publique.

La hausse des prix des produits pétroliers, envisagée par le gouvernement, pour ce mois de juin 2018, fragiliserait davantage le pouvoir en place, met en garde le député, encourageant le gouvernement à chercher, de préférence, à stabiliser le pays, au lieu d’y créer des troubles.

Ce serait vraiment ’’mauvais’’ pour le pouvoir de décider de faire plaisir au Fonds monétaire international (Fmi), au détriment du peuple qui vit dans la crasse, critique Jean-Philippe.

Un nouveau programme du Fmi, approuvé en février 2018, par le gouvernement haïtien, prévoit l’élimination de la subvention des produits pétroliers et de l’électricité publique.

Des éclaircissements doivent être fournis sur la dilapidation des trois milliards de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 85.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui) des Fonds PetroCaribe, souhaite le parlementaire, appelant à des sanctions contre les personnes coupables dans ce dossier.

La corruption, due à la faiblesse de l’Etat, représente un cancer pour le pays, dénonce-t-il, constatant une volonté politique manifeste de maintenir l’impunité.

Il salue l’initiative de différentes branches de l’opposition politique, ayant appelé, au cours de ce mois de juin 2018, à l’unité dans la lutte contre le pouvoir en place.

Tout en mettant en garde contre toute division politique, il dit espérer que cette initiative contribuera véritablement à forcer le gouvernement en place à effectuer une bonne gestion de l’Etat, à respecter la loi et les engagements pris devant la population.

‘’Il faut une opposition solide pour contrecarrer les dérives du gouvernement’’, affirme-t-il, tout en soutenant toute action visant à aider à construire le pays et faire avancer la démocratie.

Un groupe de 16 députés du groupe minoritaire avait pris l’initiative d’interpeller le chef du gouvernement ¨pour sa mauvaise gouvernance et les graves violations de la Constitution du 29 mars 1987 amendée¨, entre autres.

Ces parlementaires avaient déjà sommé le chef du gouvernement de soumettre au parlement les pièces des 5 ministres, nouvellement investis dans leur fonction, après un léger remaniement effectué le 23 avril 2018.

5 ministres sur 18 ont été remplacés, suite à ce changement ministériel. [emb apr 15/06/2018 16:20]