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Haïti : Trauma historique, innovation et africanité, à la 2e journée du Festival de psychologie africaine


vendredi 25 mai 2018

AlterPresse, 24 mai 2018

La deuxième journée du Festival de Psychologie Africaine (Fesa) a débuté par un symposium tenu dans les locaux de l’Université de Technologie d’Haïti (Unitech), ce jeudi 24 mai 2018 à Port-au-Prince. Le Groupe Medialternatif, qui gère l’agence en ligne AlterPresse et la station FM et en ligne AlterRadio, est l’un des partenaires de ce Festival.

Le symposium a été divisée en deux sessions placées sous les thématiques : « Trauma historique et développement psychosocial des communautés d’ascendance africaine » et « Créativité, innovation, santé psychologique et africanité ».

AlterPresse publie les résumés des communications des docteures Linda James Myers et Juliette Sméralda, deux invitées d’honneur de FESA2018 ayant fait leurs interventions dans la première journée de symposium. D’autres communications seront publiées ultérieurement.

« Du Trauma historique à la créativité et à l’innovation » est le thème sous lequel est organisé cet évènement scientifique pluridisciplinaire et culturel du 23 au 26 mai 2018 à Port-au-Prince et aux Gonaïves.

FESA 2018 est organisée par L’Association Sikotwomatis ak Afrikanite (Sitwomafrika) et ses partenaires dont l’African American and African Studies Community Extension Center (AAASCEC) de l’Ohio State University (OSU) des Etats-Unis, l’Université de Technologie d’Haïti (Unitech).

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« Creuser les racines du trauma et s’épanouir dans la tradition de sagesse de la pensée profonde de nos ancêtres africains : Le pouvoir transformateur de la théorie conceptuelle optimale de la psychologie Africaine » : tel est le thème qui a été abordé par Linda James Myers, Ph. D, professeur au Ohio State University, invitée d’honneur du festival.

Abstract - Les développements dans le domaine de la psychologie des Noir.e.s et/ou africaine ont produit des connaissances psychologiques essentielles à la santé (mentale, physique, spirituelle et sociale) et au bien-être durable pour les personnes qui reconnaissent leur ascendance africaine ainsi que l’humanité tout entière. Cette présentation abordera non seulement les principales barrières psychosocioculturelles et structurelles à la réalisation de la santé et de la justice sociale, mais introduira également des stratégies psychoéducatives et des méthodes thérapeutiques fondées sur la sagesse de la pensée profonde africaine dont l’efficacité a déjà été prouvée. Il y a près de quarante ans, la théorie conceptuelle optimale (TCO) offrait une analyse des visions du monde culturelles sous-optimales et optimales, qui imprègnent la construction sociale de la réalité et son rôle fondamental dans la création de la condition humaine. A travers un examen des racines du racisme et d’autres ismes sociétaux, l’impérialisme culturel et la violence épistémique, la réalisation de la santé mentale dans un contexte social qui a historiquement été pathologique, sinon insensé, dans son traitement des Africains non-immigrants dans les Amériques sera en grande partie exhumé. L’objectif sera d’introduire une théorie psychologique africaine holistique et intégrative favorable à la santé, la réalisation des stades supérieurs du développement humain, et le bien-être durable à plusieurs niveaux comme tel que prescrit par la sagesse africaine de l’Antiquité à l’époque contemporaine.

« Du rejet du cheveu crépu au mouvement ‘nappy’ : quelle place pour le cheveu-accessoire ? Entre créativité et ‘régression’ » est le thème qui a été traité par Juliette Smeralda, Ph.D.

Abstract - Cette nouvelle étude s’intéresse au choix des sujets qui ont pris de la distance avec la pratique du cheveu défrisé de plus en plus décriée, mais qui se voit sinon remplacée, du moins concurrencée par l’abondante consommation faite des faux-cheveux (perruque, postiche, cheveu d’appoint, cheveu accessoire, cheveu synthétique…). Il s’agit de montrer que le discours qui sous-tend le passage d’une forme de traitement du cheveu crépu à une consommation de cheveux « sans racines », procède de la même stigmatisation du cheveu crépu, et de son rejet par conséquent…

La concurrence que se livrent le nappy et le cheveu accessoire se soldera-t-elle par l’« hégémonie » du cheveu crépu ?

L’étude que je propose dans le cadre du colloque est basée sur une enquête sociologique, qui s’inscrit dans la lignée des deux précédents ouvrages commis par moi, qui explorent la problématique de l’esthétique d’emprunt ou de dénaturation chez les populations africaines et afrodescendantes, appréhendée à travers le paradigme des séquelles psychologiques de la TNT (Traite Négrière Transatlantique) :

• Peau noire cheveu crépu, l’histoire d’une aliénation, Editions Jasor, 2004.
• Du cheveu défrisé au cheveu crépu, Editions Publibook, 2012.