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Haïti-Politique : Des organisations de femmes souhaitent des circonscriptions électorales réservées exclusivement aux femmes


mercredi 16 mai 2018

P-au-P, 16 mai 2018 [AlterPresse] --- 30% de circonscriptions électorales devraient être réservées exclusivement à des femmes candidates, lors d’élections en Haïti, recommande un regroupement d’organisations de femmes et féministes qui se présente sous le label Kotem.

Il faut, dans un premier moment, forcer les partis politiques à encourager et recevoir les candidatures féminines, estime la coordonnatrice générale du Refkad, Nadine Anilus, membre de Kotem, dans une interview à l’agence en ligne AlterPresse.

L’institution électorale devrait également faire un tirage, pour favoriser un niveau de 30% de circonscriptions électorales, réservées aux femmes.

Dans ces circonscriptions, autant de femmes devraient pouvoir être candidates aux élections. Le processus pourrait se faire par rotation, tous les quatre ans, précise Anilus.

Un document a été récemment soumis, par Kotem, au Conseil électoral provisoire (Cep), pour lui demander de prendre en compte cette recommandation, parmi tant d’autres.

Ce dossier a été également remis au responsable de la commission de la condition des femmes à la chambre basse, la députée Marie Gladice Saint-Jean Lundy, et à l’unique sénatrice à la chambre haute, Dieudonne Luma Etienne.

« Nous faisons ce lobbying, en vue de corriger les écarts entre hommes et femmes, et de contribuer au développement du pays », explique Anilus.

Selon les données de l’Union interparlementaire, Haïti occupe la 185e place sur 193 pays en matière de représentation de femmes dans les parlements nationaux.

Seulement 4 femmes siègent actuellement au parlement haïtien (50e législature), suite aux résultats des législatives partielles du 20 novembre 2016.

L’article 17-1 de la Constitution dite amendée de 1987 exige le respect du principe de quota (reconnu, en 2012) de 30% de femmes dans les postes de décisions de la vie nationale, notamment dans les services publics.

La non application de ce principe, au niveau du parlement, constitue une injustice, fustige Nadine Anilus.

Cette situation s’avère encore plus compliquée, pour les femmes, dans les postes électifs, que dans les postes nominatifs. [emb rc gp apr 16/05/2018 12:55]