Dépêches

Hausse « inévitable » des prix des produits pétroliers en Haïti, selon le gouvernement


mercredi 16 mai 2018

P-au-P., 15 mai 2018 [AlterPresse] --- Le titulaire du Ministère de la culture et de la communication (Mcc), Guyler C. Delva, estime inévitable l’ajustement des prix des produits pétroliers, prévu par le gouvernement pour le mois prochain.

« L’Etat ne peut plus continuer à subventionner le pétrole, alors que les retombées ne sont pas en faveur des plus vulnérables de la population », déclare-t-il lors d’une conférence de presse.

Le ministre fait savoir que la « subvention » du pétrole (le renoncement à un niveau de taxes sur le produit) réduit considérablement les recettes de l’État.

Pour l’exercice fiscal en cours, l’Etat a déjà enregistré une perte de 7 milliards de gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 85.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), indique le haut fonctionnaire.

D’ici la fin de l’exercice, cette perte s’estimera à environ 13 milliards de gourdes si le gouvernement ne prend pas des mesures appropriées, justifie-t-il.

Dès l’annonce de l’approbation, en février 2018, par le gouvernement haïtien du nouveau programme (« Staff-monitored program ») du Fonds monétaire international (Fmi), l’économiste Eddy Labossière avait alerté sur la situation sociale difficile qui pourrait en résulter.

Ce nouveau programme prévoit l’élimination de la subvention des produits pétroliers et de l’électricité.

« L’élimination des subventions aura un coût social pour la population, car le prix des produits pétroliers à la pompe augmentera de toute façon », avait prévu l’économiste Labossière, dans une interview accordée à AlterPresse.

Cette semaine, des secteurs socio-économiques rejettent toute éventuelle augmentation des prix des produits pétroliers, suite à l’annonce, par le gouvernement, de la hausse, d’ici la fin du mois de juin 2018, des prix des carburants.

Le président de la Confédération des travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, Jean Bonal Fatal, croit que cette hausse va donner lieu à une situation d’insécurité.

Il critique les dépenses inutiles de l’État qui ne font que rendre plus vulnérables les couches défavorisées

« Dans ce contexte de crise socio-économique, le moment n’est pas propice pour effectuer cette augmentation », argue le président de l’association des propriétaires et chauffeurs d’Haïti (Apch), Mehu Changeux.

L’Etat doit, de toute évidence, maintenir le contrôle des prix des produits pétroliers sur le marché et investir les recettes dans les travaux d’infrastructures et dans les programmes sociaux en faveur des plus vulnérables, affirme le ministre Delva. [apr 15/05/2018 20 :00]