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Haïti-Genre : La mairesse de l’Arcahaie, Rose Mila Petit-Frère St-Vil souhaite une meilleure intégration politique des femmes


samedi 12 mai 2018

P-au-P, 11 mai 2018 [AlterPresse] --- La mairesse de l’Arcahaie (à une trentaine de km au nord de la capitale), Rose Mila Petit-Frère St-Vil, également présidente de la Fédération nationale des femmes mairesses d’Haïti (Fenafemh) encourage une sensibilisation à grande échelle en vue d’une meilleure intégration politique des femmes.

Elle exhorte l’institution électorale à mettre en place des balises nécessaires en place pour mieux protéger les femmes oeuvrant dans la vie politique.

Elle appelle à garantir la sécurité des femmes politiques, notamment lors des périodes électorales pour éviter que leurs campagnes soient boycottées.

La mairesse intervenait à l’émission TiChèzBa, prévue pour être diffusée les samedi 12 et dimanche 13 mai 2018 sur la station AlterRadio 106.1 FM et en ligne (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm).

Rosemila Petit-Frère St-Vil recommande aux partis politiques d’aider les femmes à s’intégrer et se renforcer davantage dans la politique.

Elle souhaite l’organisation de formations, notamment en communication politique, à l’intention des femmes pour les aider aussi à construire leurs discours politiques.

C’est pour la première fois dans l’histoire que les femmes sont arrivées à occuper autant de postes au niveau des collectivités territoriales en Haïti, se réjouit-elle.

Le combat pour garantir le respect du quota de 30% des femmes dans les postes de décisions serait à la base de cette augmentation, observée à partir des élections de 2015.

Cette bataille a permis d’élire plus de 140 mairesses, des assesseures en majorité, indique-t-elle, tout en espérant avoir 50 femmes à la tête des cartels des mairies d’Haïti, à l’issue des prochaines élections.

Seulement 12 femmes ont été élues mairesses principales lors des dernières élections municipales.

Décentralisation et genre

Face aux multiples problèmes socio-économiques auxquels font face les femmes, la mairesse de l’Arcahaie plaide en faveur d’une décentralisation pouvant bénéficier aux femmes des sections communales.

Cette décentralisation devrait permettre aux femmes d’avoir accès à des actes de naissance, des services publics comme l’eau, les hôpitaux et les routes dans les sections communales.

Elle demande au Ministère de la santé publique et de la population (Mspp) d’effectuer des dépistages de cancer pour les femmes rurales.

Trop de femmes meurent de cancer du col de l’utérus et du sein dans les sections communales, déplore-t-elle.

Les autorités doivent être à l’écoute des autorités locales pour répondre aux problèmes de la population des sections communales.

Restaurer l’Etat des marchés, créer des dortoirs communaux pour recevoir les commerçantes, garantir une meilleure protection des commerçantes (Madan Sara) sont parmi les recommandations faites par la mairesse.

Le premier forum international des femmes élues d’Haïti s’est déroulé, du 7 au 9 mai 2018, autour du thème : « genre et décentralisation ».

De graves problèmes d’organisation ont terni l’image du forum au cours duquel le président Jovenel Moïse s’est même fait huer, par des élues locales, lors de son intervention.

Les promesses non tenues du chef de l’Etat à l’égard des femmes élues au niveau des collectivités territoriales ont été vivement dénoncées.

Ce forum devrait être un nouveau départ pour le pays, regrette Rosemila Petit-Frère St-Vil. [emb vs apr 11/05/2018 11 :15]

Texte : Emmanuel Marino Bruno
Vidéo : Gotson Pierre