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Haïti-Genre : Des femmes dénoncent l’irresponsabilité affichée par l’État à leur encontre


mercredi 9 mai 2018

P-au-P, 8 mai 2018 [AlterPresse] --- Des élues locales appellent, entres autres, l’Etat central à mieux prendre en charge les revendications politiques des femmes haïtiennes, lors de la deuxième journée du forum international des femmes élues d’Haïti, le 8 mai 2018, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Rassembler toutes les femmes élues dans un même endroit pour discuter de l’émancipation des femmes constitue une bonne idée, souligne Manette Chery, membre du Conseil d’administration de la section communale (Casec) de la deuxième section Anse-à-Drick de Port-Salut (Sud).

Toutefois, elle critique le comportement du gouvernement haïtien qui ne prend pas en compte les besoins des collectivités territoriales comme promis.

Des participantes à ce forum souhaitent une véritable émancipation des femmes haïtiennes, notamment au niveau politique.

Le 1er Forum International des femmes élues d’Haïti, qui se déroule du 7 au 9 mai 2018, a été terni par de graves problèmes d’organisation.

Le premier jour de l’événement, le président Jovenel Moïse s’est fait huer, par des élues locales, lors de son intervention.

Ces femmes élues ont dénoncé les promesses non tenues du chef de l’Etat à leur égard.

Malgré la présence des femmes dans des postes à responsabilité, les décisions finales et importantes reviennent très souvent aux hommes, déplore l’ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes Marjorie Michel (2009-2011), tout en appelant à une prise de conscience générale.

La coordonnatrice de Fanm Yo La, Natacha Clergé souligne l’importance de la bataille politique des femmes au niveau des municipalités.

Les premières élections ayant donné le droit de vote aux femmes était celles des municipalités qui ont eu lieu en 1955, rappelle-t-elle.

¨Les péripéties, les stéréotypes et les discriminations dont sont l’objet les femmes dans les espaces publics représentent un enjeu pour la lutte féministe¨, selon la coordonnatrice.

Elle en profite pour dénoncer les incendies de marchés qui entraînent une féminisation de la pauvreté.

Elle demande également à l’État de prendre des mesures nécessaires pour aider les "madan sara".

Les incendies des marchés publics « Hyppolite » et « Guérit » sont survenus à Port-au-Prince, respectivement les mardi 13 et dimanche 18 février 2018.

Suite à ces événements, un chèque de 20 mille gourdes a été, entre autres, délivré à chacun des 200 marchands affectés, suivi de 900 autres chèques du même montant. [fb vs apr 08/05/2018 17 :00]