Perspectives

Haïti : La Commission interaméricaine des droits humains, bientôt saisie du dossier de la disparition du journaliste Vladjimir Legagneur


samedi 5 mai 2018

P-au-P., 4 mai 2018 [AlterPresse] --- L’Observatoire haïtien des droits humains annonce que la Commission interaméricaine des droits humains (Cidh) de l’Organisation des États américains (Oea) sera bientôt saisie du dossier de la disparition, le 14 mars 2018, du photojournaliste Vladjimir Legagneur.

L’Ohdh travaille actuellement avec les organisations professionnelles du secteur afin de formuler la requête qui sera déposée devant la Cidh, confie Me Joinet Merzius, coordonnateur de l’organisme de défense des droits humains.

Il participait à l’émission TiChèzBa, prévue pour être diffusée les samedi 5 et dimanche 6 mai 2018 sur la station AlterRadio 106.1 FM et en ligne (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm).

Il sera demandé à la Cidh de « contraindre l’État à prendre ses responsabilités face à cette disparition », précise-t-il.

Il appartiendra à la Cidh de recommander à l’État haïtien pour que ce dernier « s’engage à réparer le droit violé », poursuit-il.

Si l’État haïtien ne prend pas en compte ces recommandations, souligne-t-il, la Cidh pourra acheminer la requête à la Cour interaméricaine des droits de l’homme, dont les conclusions seront sans recours.

Près de deux mois après la disparition du photo-journaliste à « Gran Ravine », un quartier chaud du secteur sud de la capitale, ou il était en reportage, le dossier demeure ouvert.

La police a indiqué qu’une enquête est en cours, mais aucun élément n’a été fourni pour le moment sur le sort probable de Legagneur.

« Au nom du droit à la vérité, nous attendons que la police communique les conclusions de son enquête », martèle Me Merzius, insistant sur le fait que ces conclusions doivent être irréfutables.

La police a présenté ce 4 mai à la presse 3 individus arrêtés dans le cadre de l’affaire ainsi qu’un téléphone et un chapeau appartenant au journaliste et trouvés, selon la police, en leur possession.

Le nouveau ministre de la culture et de la communication, le journaliste Guyler C. Delva, a estimé à plusieurs reprises qu’il n’y a pas de chance de trouver le confrère vivant.

« Si les autorités savent qu’il n’y a plus de chance de trouver le journaliste vivant et gardent le silence, elles se font complices dans le crime en ne s’évertuant pas à appréhender les auteurs et co-auteurs du forfait », juge l’avocat. [gp apr 04/05/2018 20 :00]