Perspectives

Haïti-Social : Une pétition appelle à la solidarité contre la répression syndicale

Des députés appuient la marche ouvrière annoncée le 1er mai
lundi 30 avril 2018

P-au-P, 30 avril 2018 [AlterPresse] --- Une pétition de la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (Cnoha) appelle à la solidarité contre la répression syndicale en Haïti.

Cette pétition publiée sur le site www.avaaz.org et consultée par l’agence en ligne AlterPresse dénonce les actes de répression et de persécution contre des ouvrières et ouvriers syndiqués par l’Etat haïtien et la multinationale sud-coréenne The Wilbes Haïtian SA.

La liberté syndicale connait des jours très difficiles en Haïti, soulignent la Cnoha et le Respect des ouvriers haïtiens de la manufacture (Roham), à l’attention de tous ses partenaires et organisations nationales et internationales.

« Le droit d’association du prolétariat, pour défendre ses intérêts et exiger de meilleures conditions de travail, est bafoué par la multinationale sud-coréenne The Wilbes Haitians S.A. qui évolue dans le secteur de la sous-traitance », condamnent-ils.

Du 29 mars jusqu’au 30 avril 2018, environ 145 ouvrières et ouvriers auraient été révoqués, de manière arbitraire, en dehors des dispositions de la Constitution haïtienne et des conventions internationales, indiquent-ils.

Ils y voient une violation des droits fondamentaux de la classe ouvrière.

Depuis le mois d’octobre 2017, des pourparlers sont en cours entre les syndicalistes du secteur de la sous-traitance et les représentants de « The Wilbes en Haïti » ainsi que ceux de l’Etat haïtien afin de trouver un accord sur les différends qui les opposent.

Les échanges portent sur le nombre de pièces exigées, compris entre 800 et 8000 par jour, soit entre 39 et 390 pièces par jour en moyenne par travailleur (une pièce peut être un maillot par exemple), avec une charge horaire de 10 heures de temps de travail.

L’application des dispositions concernant les assurances sociales en Haïti, les harcèlements sexuels et intimidations dont seraient victimes les ouvrières font partie des points en discussions.

Les syndicats ouvriers exigent un salaire de 1000 gourdes par jour, soit environ 15 dollars USD, ce qui devrait leur permettre au moins de reproduire leur force de travail.

Un salaire minimum vital

Cinq députés ont déposé, la semaine dernière, une proposition de loi concernant « un salaire minimum vital » à octroyer aux travailleuses et travailleurs haïtiens pour que ces derniers puissent véritablement répondre à leurs besoins, informe, à la sation FM et en ligne AlterRadio, le député Printemps Bélizaire.

Ce salaire devrait prendre en compte l’augmentation du coût de la vie, souhaite le député, tout en déplorant les humiliations et mauvais traitements infligés aux travailleurs.

Les 1000.00 Gourdes par jour, réclamées par les ouvriers représentent un minimum, soutient Bélizaire qui entend aussi apporter son soutien à la mobilisation ouvrière prévue le mardi 1er mai 2018, à l’occasion de la journée mondiale du travail et de l’agriculture.

Les syndicats projettent de manifester dans les rues de la capitale Port-au-Prince pour exiger l’octroi de 1000 gourdes pour les 8 heures de temps de travail, fournies par les ouvrières et ouvriers.

Le salaire minimum en vigueur est de 350.00 Gourdes pour les industries d’assemblages et manufacturières tournées vers l’exportation, au lieu des 800.00 Gourdes réclamées par les syndicats. [emb gp apr 30/04/2018 14 :40]