Dépêches

Haïti-Politique : Le bloc majoritaire du sénat menace d’interpeller des ministres, dans le cadre d’un éventuel remaniement


samedi 21 avril 2018

P-au-P, 20 avril 2018 [AlterPresse] --- Le bloc majoritaire du sénat envisagerait d’interpeller des ministres au cas où le président de la République, Jovenel Moïse, déciderait de procéder, sans le consulter, à un éventuel remaniement ministériel.

C’est ce qu’a fait savoir le président de ce bloc, le sénateur Kedlaire Augustin, dans une entrevue accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

Si le président fait cavalier seul, le bloc majoritaire du sénat entamera son propre « remaniement » touchant le plus grand nombre de ministres possibles, met en garde le sénateur Kedlaire Augustin.

Nous avons le pouvoir d’interpeller le nombre de ministres que nous voulons et de les renvoyer pour donner place à d’autres, avance le parlementaire.

Augustin souligne la nécessité d’effectuer un remaniement au niveau de plusieurs ministères avec l’accord du bloc majoritaire au niveau du sénat, entre autres.

Des pourparlers ont déjà eu lieu entre le chef de l’Etat Jovenel Moïse et le bloc majoritaire de la chambre basse mais pas encore avec celui du sénat, déplore-t-il.

Francisque Delacruz, le président du bloc majoritaire de la chambre des députés, a donné, le jeudi 19 avril 2018, un ultimatum de 72 heures à Moïse pour procéder à un remaniement au sein du gouvernement.

Le président du sénat Joseph Lambert a également appelé le président de la république à procéder à ces changements ministériels.

Intervenant dans les médias, un conseiller politique et un porte-parole du chef de l’État ont évoqué l’éventualité d’un remaniement ministériel, tout en plaidant en faveur du respect des prérogatives de chaque pouvoir.

Plusieurs raisons justifieraient, pour plus d’un, ce remaniement, notamment la mauvaise gestion de la chose publique par les autorités.

Les syndicats notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la branche textile n’ont cessé de critiquer le laisser-aller du pouvoir actuel.

Le bilan de la première année de l’administration Moïse/Lafontant est très maigre, selon des organisations de droits humains et politiques.

D’ailleurs, beaucoup de promesses de campagne faites par le président Jovenel Moïse ne sont pas encore honorées.

L’accès de la population à l’alimentation, la lutte contre la corruption généralisée et contre l’impunité restent toujours au niveau des palabres. [rsc emb gp apr 20/04/2018 12 :20]