Espace Femmes

Haïti-Genre : Des organisations de femmes souhaitent une application concrète du quota minimum des femmes dans les élections législatives


jeudi 5 avril 2018

P-au-P, 5 avril 2018 [AlterPresse] --- Des organisations de femmes ont formulé des propositions pour l’application concrète du quota minimum des femmes, notamment dans les élections législatives en Haïti, lors d’un atelier organisé à Port-au-Prince, le jeudi 5 avril et auquel a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Pour que la représentation des femmes soit effective à partir du quota, il faudrait, des tirages au sort qui permettraient dans 30% des circonscriptions d’avoir uniquement des candidates, pense le secrétaire général du Conseil des ministres, Rénald Lubérice.

À part les nombreux discours de stigmatisation et de stéréotypes dont est l’objet la femme haïtienne, l’un des problèmes majeurs qui empêchent les candidates d’être élues aux élections est de nature économique et financière, poursuit-il.

La responsable de programme (Senior programme Officer) au sein de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (Idea international), Marie Doucey, a dressé un diagnostic du système électoral haïtien, tout en le comparant à d’autres systèmes dans le monde où pose le problème de quota.

Système majoritaire, mixte, proportionnel, volontaire, sièges réservés, sont autant de systèmes électoraux diagnostiqués par Doucey.

Les sièges réservés (système électoral) favoriseraient une meilleure représentation du quota pour Haïti.

Le quota implique de repenser le système éducatif, électoral, et de gestion de la société, recommande l’ancienne directrice du Mdfcf, Rose Esther Sincimat, appelant à une déconstruction des valeurs stéréotypiques.

« Ce ne sont pas les propositions qui vont résoudre le problème de la représentation des femmes dans les espaces décisionnels, mais plutôt une bataille sur le terrain », déclare une représentante de ¨Refuge des femmes Haïti¨ (Ref-Haïti), Augustin Novia.

L’égalité de genre est avant tout une question de justice, soutient la directrice de l’Idea international, Marie Laurence Jocelyn Lassègue.

La compétence pour accéder à des espaces décisionnels doit être posée pour tout le monde, non pas uniquement pour les femmes, avance l’ex-titulaire du Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes (Mdfcf).

L’atelier du jeudi 5 avril 2018 visait à élaborer des propositions capables de favoriser l’application concrète du quota minimum de 30% des femmes au sein des espaces décisionnels dans l’administration publique. [fb emb vs apr 05/04/2018 16 :10]