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Haïti-R.D./Droits humains : La mairie de Belle-Anse dénonce de féroces représailles contre les migrants haïtiens à Pedernales


jeudi 15 mars 2018

Belle-Anse (Haïti), 14 mars 2018 [AlterPresse] --- La mairie de Belle-Anse (département du Sud-Est) condamne de féroces représailles de Dominicains contre les migrants haïtiens à Pedernales (République Dominicaine, sur la frontière commune avec Anse-à-Pitres), dans une interview à l’agence en ligne AlterPresse.

Près d’un millier de ressortissantes et ressortissants haïtiens ont été refoulés sur la frontière d’Anse-à-Pitres/Pedernales, suite à des menaces proférées à leur encontre par des Dominicains, informe Denoil Anténor, maire principal de Belle-Anse.

Plusieurs cas (dont le nombre n’est pas encore déterminé) d’assassinats et de blessés d’Haïtiens ont été enregistrés, lors de ces représailles commises sur les ressortissants haïtiens.

Les cadavres des Haïtiens auraient été récupérés par les autorités dominicaines, en vue d’empêcher les organisations de droits humains de les découvrir, selon les témoignages recueillis par la mairie de Belle-Anse.

Plusieurs maisons, où vivent des Haïtiens à Pedernales, auraient été incendiées, rapportent les victimes.

Actuellement, les migrantes et migrants rapatriés se trouvent, dans une situation catastrophique, dans un abri provisoire à Anse-à-Pitres, sans véritable assistance de l’Etat.

De son côté, la mairie de Belle-Anse.ne dispose pas de moyens nécessaires pour répondre aux besoins immédiats de ces victimes.

Des mesures structurelles doivent être prises pour contrôler la frontière et renforcer la gouvernance locale.

Ceci préviendrait tout flux migratoire d’Haïtiennes et d’Haïtiens, vers le territoire voisin, ainsi que les dérives constatées au niveau des points frontaliers avec la République Dominicaine, souhaite la mairie de Belle-Anse.

Les actes de représailles contre des migrants haïtiens, au niveau du point frontalier Pedernales/Anse-à-Pitres ont été commis après l’assassinat, le samedi 10 mars 2018, d’un couple dominicain, l’agriculteur Reyes Pérez et son épouse Neida Féliz Urbáez.

Agé de 68 ans, Pérez est mort à coups de machettes dans sa ferme, à Las Mercedes, en République Dominicaine, alors que sa femme, Neyda Féliz Urbáez, 55 ans, grièvement blessée le même jour, a été transportée d’urgence à l’hôpital, où elle est décédée dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 mars 2018.

Un ressortissant haïtien, Edner Noël, alias Ti Libon, soupçonné comme présumé auteur de l’assassinat du couple dominicain, aurait été appréhendé en Haïti par la Police nationale d’Haïti (Pnh), fait savoir le délégué départemental du Sud-Est, Pierre Michel Lafontant, dans les médias. [bd emb rc apr 14/03/2018 16:00]