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Haïti-Genre : Appel à une réelle prise en compte des revendications des femmes dans le prochain amendement de la Constitution


jeudi 8 mars 2018

P-au-P, 8 mars 2018 [AlterPresse] --- Des organisations féministes exigent une réelle prise en compte des revendications des femmes dans le prochain amendement de la Constitution haïtienne, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, ce jeudi 8 mars 2018.

Lors d’une conférence de presse, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse, la coordonnatrice du collectif féminin haïtien pour la participation politique des femmes (Fanm Yo La), Natacha Clergé, se dit préoccupée par la faible représentation des femmes dans toutes les sphères de la société.

Des propositions prenant en compte les revendications des organisations de femmes seront acheminées à la commission spéciale de la chambre des députés chargée de travailler sur l’amendement constitutionnel, annonce-t-elle.

« Féminisation du langage, égalité sociale, égalité femme-homme, accès à une éducation de qualité, à une santé de qualité pour les femmes », sont parmi les recommandations qui seront présentées dans le document, précise-t-elle.

Fanm Yo La réclame la présence des représentantes d’organisations de femmes à titre d’observatrices dans les séances de travail sur l’amendement.

Elle souhaite que celui-ci tienne compte de la sur-responsabilité des femmes dans les familles, tout en dénonçant les stéréotypes et discriminations dont est victime la gent féminine.

« La lutte des femmes pour accéder à des espaces de décision ne relève pas seulement des femmes, mais de tout le monde », estime la coordonnatrice générale de l’Alliance des femmes pour une nouvelle Haïti (Afnha), Elcie Nicole Dalexis.

« Il y a de grandes avancées dans la lutte des femmes dans le pays. Aujourd’hui, on retrouve des femmes dans certains métiers (réservés traditionnellement aux hommes). Ce n’était pas le cas autrefois. Toutefois, le problème d’affirmation des femmes dans certains secteurs d’activité diminue considérablement », applaudit la constitutionnaliste, Chantal Hudicourt Ewald.

La question de l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas clairement exprimée dans la Constitution haïtienne, critique-t-elle.

La constitution haïtienne a été amendée à la va-vite, en 2011, à la fin du mandat du président René Préval, puis promulguée sous la présidence de Michel Joseph Martelly (2011-2016).

Des consultations diverses sont en cours auprès de plusieurs secteurs pour un nouvel amendement de la loi mère. [fb emb gp apr 08/03/2018 15 : 35]