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Haïti-Genre : Sensibiliser sur l’importance de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles


lundi 5 mars 2018

P-au-P, 5 mars 2018 [AlterPresse] --- Une journée de réflexion a eu lieu, ce lundi 5 mars 2018, en vue de sensibiliser sur l’importance de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Un projet de loi sur les violences faites aux femmes et aux filles, déposé au parlement depuis 2017, tarde encore à être voté, regrette la ministre à la condition féminine et aux droits des femmes (Mcfdf), Eunide Innocent, interviewée en marge de l’activité à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

La non prise en charge de ce projet de loi constitue une barrière dans la lutte pour freiner les violences sur les femmes et les filles en Haïti, avance-t-elle, tout en encourageant les personnes victimes à dénoncer ces actes.

Elle exhorte les organisations de femmes à lutter pour le vote de ce projet de loi au niveau du parlement.

Les autorités ne se sentent pas réellement obligées de suivre et d’appliquer les
normes adoptées par l’Etat haïtien, déplore la coordonnatrice de l’organisation féministe Kay Fanm Danièle Magloire.

Elle critique également l’absence de suivi dans le traitement des dossiers par les autorités et le manque d’accès des personnes victimes de violence à des services appropriés.

Elle plaide pour un renforcement de la lutte contre les violences sur les femmes et les filles dans le pays.

La sénatrice du Nord, Dieudonne Luma Etienne, qui prenait part aux activités, estime que le parlement devrait faire sienne cette lutte.

Il faut des mesures contraignantes comme des peines sévères contre les agresseurs pour faire reculer la violence sur les femmes, soutient-elle.

Elle recommande aussi de renforcer le leadership féminin en matière entrepreneuriale, ce qui constituerait un axe fondamental dans la lutte pour contrecarrer les violences sur les femmes.

Selon un décompte de la Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), effectué en novembre 2017, 782 femmes et filles ont été victimes de viols dans l’Ouest et la Grande-Anse (Sud-Ouest), pour la période allant de janvier 2016 à octobre 2017. [bd emb gp apr 5/03/2018 16 : 25]