Perspectives

Haïti-Onu : L’attitude du régime tèt kale traduit son désintérêt pour le dossier du choléra, déplore le Bai


vendredi 2 mars 2018

P-au-P, 02 mars 2018 [AlterPresse] --- L’annulation de la participation d’Haïti, à une rencontre de haut niveau de l’Organisation des Nations Unies (Onu) sur le choléra, traduit un désintérêt de l’administration du président Jovenel Moïse et du premier ministre Jack Guy Lafontant pour ce dossier.

Cette position est exprimée par Me Mario Joseph, avocat du Bureau des avocats internationaux (Bai), joint au téléphone par l’agence en ligne AlterPresse.

Toutefois, cette annulation ne devrait pas avoir d’incidences sur le dossier du choléra, l’Onu ayant déjà reconnu la responsabilité de ses agents dans la propagation de l’épidémie du choléra dans la population haïtienne.

De plus, le choléra n’est pas une affaire politique, mais de justice, rappelle le Bai, qui reconnaît combien la tenue de cette réunion de haut niveau, qui devrait avoir lieu le mercredi 28 février 2018, à New York, avec le secrétaire général de l’Onu, le Portugais Antonio Guterres, pourrait bien faire avancer le dossier du choléra en Haïti.

Le Bureau des avocats internationaux affirme ne pas être étonné, nullement, du comportement des autorités haïtiennes d’annuler la rencontre avec l’Onu sur l’éradication du choléra en Haïti, vu leur manque d’intérêt dans le dossier.

D’ailleurs, l’administration de l’ancien président Michel Martelly défendait et faisait office d’avocat des forces onusiennes, concernant l’implication des casques bleus dans la contamination au choléra de la population haïtienne, rappelle le Bai.

Cette annulation survient après une note publique de la cheffe de la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth), l’Américaine Susan D. Page, saluant, le 25 février 2018, la nomination de juges pour instruire le dossier de la dilapidation des fonds PetroCaribe.

Plusieurs hauts fonctionnaires de l’Etat sont soupçonnés d’implication dans la dilapidation de plusieurs milliards de dollars américains des fonds PetroCaribe.

Le nom de Jovenel Moïse lui-même - – par ailleurs inculpé pour des transactions financières, suspectes et douteuses, effectuées sur 14 comptes bancaires, du 5 mars 2007 au 31 mai 2013, à la suite d’un rapport de l’Unité centrale de renseignements financiersf (Ucref) - est également cité dans le rapport d’une commission sénatoriale spéciale d’enquête sur la gestion des fonds PetroCaribe.

Le mardi 27 février 2018, le gouvernement d’Haïti, mécontent, a décidé de rappeler l’ambassadeur Denis Régis, accrédité auprès des Nations unies, pour protester contre les propos de la Minujusth, qui, à ses yeux, « outrepasse son mandat à travers cette déclaration », qui traduit une « attitude partisane, nuisible à la stabilité politique et institutionnelle »..

« Le pays se bat pour défendre son image. Je ferai tout ce que je peux pour que l’image d’Haïti soit respectée », a déclaré Jovenel Moïse.

Parallèlement, le gouvernement haïtien a boudé, le mercredi 28 février 2018, une reunion de haut niveau des Nations unies sur le choléra, à New York.

Cette réunion, présidée par le Secrétaire général de l’Onu, le Portugais António Guterres et son envoyée spéciale pour Haïti, l’Américaine Josette Sheeran, s’est ouverte dans la soirée du mercredi 28 février 2018, à Greentree dans le Long Island.

Plusieurs dignitaires haïtiens étaient attendus, dont le président haïtien, Jovenel Moïse, qui devait prononcer le discours principal avec Guterres.

Depuis son introduction en Haïti en octobre 2010, l’épidémie du choléra a fait plus de 10 mille morts et contaminé des centaines de milliers d’autres sur le territoire de la république caribéenne. [fb emb rc apr 02/03/2018 15:10]