Dépêches

Droits humains : Annulation provisoire de l’autorisation de fonctionnement d’Oxfam en Haïti pour abus sexuels, annonce le gouvernement


vendredi 23 février 2018

P-au-P, 23 févr. 2018 [AlterPresse] --- Le Ministère de la planification et de la coopération externe (Mpce) a décidé de faire retrait provisoire de la reconnaissance octroyée à l’Organisation non gouvernementale (Ong) Oxfam Grande Bretagne
« pour faute grave ».

Cette mesure de suspension s’étend sur deux (2) mois, le temps d’une enquête institutionnelle conduite par le Mpce au nom du gouvernement, précise un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse en date du jeudi 22 février 2018.

Cette décision est conforme aux dispositions de la constitution du décret du 14 septembre 1989 régissant les Ong en Haïti et des lois pénales, rappelle-t-il.

Elle serait également justifiée par les faits avérés d’abus et d’exploitations sexuels perpétrés en Haïti, entre 2010 et 2011, par des responsables de l’Oxfam au détriment de ressortissants haïtiens en situation de vulnérabilité et de précarité.

Ces faits criminels reconnus par leurs auteurs aussi bien que par l’institution, constituent une atteinte grave à la dignité du peuple haïtien, dénonce le ministère.

Le Mpce entend prendre toute autre mesure conservatoire en vue de protéger les droits des victimes, les intérêts de l’État haïtien, ceux de la population et de l’Ong en question.

Certains employés d’Oxfam avaient engagés des prostituées pour participer à des moments de débauche, dans des logements et des hôtels, payés avec l’argent de l’Ong.

A ce propos, Oxfam a présenté, de manière officielle, ses excuses aux autorités haïtiennes, le lundi 19 février 2018.

Ce scandale sexuel qui a refait surface a contraint à la démission, le lundi 12 février 2018, la directrice générale adjointe de l’Oxfam, Penny Lawrence qui a exprimé sa honte et tristesse face à la mauvaise conduite d’employés en Haïti et au Tchad à ce sujet.

Le directeur d’Oxfam pour Haïti, à l’époque Roland van Hauwermeiren, indexé dans ces actes, avait remis sa démission depuis 2011.

Plusieurs autres employés d’Oxfam ont été ainsi accusés de viols au cours de missions humanitaires au Soudan du Sud et d’abus sexuels au Liberia.

L’Ong internationale Médecins sans frontières (Msf) a annoncé, le mercredi 14 février 2018, avoir reçu 146 plaintes ou alertes en 2017, dont 24 étaient des cas de harcèlement ou d’abus sexuel sans en préciser les pays.

Un rapport publié par l’organisation Save The Children révèle aussi que 23 organisations humanitaires, de maintien de la paix et de sécurité, seraient impliquées dans des scandales sexuels pendant leurs missions en Haïti, et ont abusé des enfants en Haïti, en Côte d’Ivoire et en Soudan du Sud.

Selon le journal Ouest France, consulté par AlterPresse, le dirigeant du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), qui y travaillait depuis deux ans, le Britannique Justin Forsyth, a démissionné de ses fonctions, le jeudi 22 février 2018, après avoir été accusé de harcèlement sexuel sur des femmes. [la emb gp apr 23/02/2018 11 :15]