Dépêches

Haïti-Politique : Un an après, Jovenel Moïse impuissant face aux problèmes sociaux et au dossier de la corruption


jeudi 8 février 2018

P-au-P, 8 fév. 2018 [AlterPresse] --- La dégradation des conditions de vie de la population haïtienne ainsi que le problème de la corruption persistent en Haïti, une année après l’accession au pouvoir du président Jovenel Moïse (7 février 2017-7 février 2018).

Des organisations politiques, sociales et féministes ont dressé un bilan mitigé de l’administration politique actuelle, dans des interviews accordées à l’agence en ligne AlterPresse.

Le coordonnateur de Tèt kole ti peyizan, Rosnel Jean-Baptiste, se dit sceptique par rapport aux projets réalisés dans le pays sous la présidence de Moïse, qui ne cesse de leurrer la population par de belles promesses.

Le pouvoir continue de gaspiller l’argent de l’État à travers la mise en œuvre de la caravane de changement, dénonce-t-il.

Aucun changement en profondeur n’a été réellement effectué pour empêcher l’exode des jeunes vers le Chili en quête d’une vie meilleure, constate Jean Robert Argant du Collectif 4 décembre.

Il souligne un manque d’utilisation d’approches structurelles profondes pouvant permettre à Haïti de se développer.

Il exhorte tous les secteurs du pays à s’asseoir pour bâtir une vision commune « sans hypocrisie », au bénéfice des intérêts de la nation.

La coordonnatrice de la Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), Sabine Lamour, dit n’observer aucune amélioration des conditions de vies de la population, au cours de la première année de mandat du président à la tête du pays.

La question de la santé des femmes reste une préoccupation, souligne-t-elle.

De plus, il existe, selon elle, un antiféminisme d’État qui favorise des fonctionnaires reprochés pour harcèlements sexuels à occuper des postes stratégiques dans l’administration.

Une seule femme, la sénatrice du Nord Dieudonne Luma Etienne, siège au sénat de la république.

Pour sa part, le coordonnateur du Mouvement de l’opposition dessalinien (Mopod), Jean André Victor, souligne un petit effort au niveau du secteur agricole sous la présidence actuelle.

La corruption

Jean Robert Argant dénonce l’existence d’un système corrompu qui continue de détruire le pays.

Il invite les personnes épinglées dans le rapport d’enquête sur la gestion des fonds Petro-caribe à se défendre devant la justice au lieu de dénoncer uniquement.

La vassalisation des institutions par le président les rend plus faibles qu’avant, déplore le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Pierre Espérance.

Il demande à l’exécutif de laisser aux institutions le soin de faire leur travail en toute indépendance.

Konbit ayisyen pou lojman altènatif (Kayla) encourage la population à se mobiliser contre tous les fonctionnaires de l’État ainsi que les représentants de firmes, soupçonnées par le rapport d’enquête, d’être impliqués dans la dilapidation des fonds Petro-caribe.

Une vulgarisation du document est annoncée à travers des structures d’églises et d’universités, après la période carnavalesque. [la emb gp apr 11 :15 08/02/2018]