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Haïti-Culture : Sit-in annoncé contre une éventuelle participation de « Sweet Micky » au carnaval de Port-au-Prince


mercredi 31 janvier 2018

P-au-P, 31 janv. 2018 [AlterPresse] --- Le Collectif des citoyens de Port-au-Prince annonce la tenue d’un sit-in devant la mairie de la capitale, le jeudi 1er février 2018, contre une éventuelle participation du groupe « Sweet Micky » de l’ancien président Michel Joseph Martelly, au carnaval national de Port-au-Prince.

Martelly continue de répéter les mêmes obscenités qu’auparavant, au mépris de son statut d’ancien président, déplore Dupiton Joseph, président de la Fédération nationale des organisations (Fenao), membre du Collectif.

Après le sit-in, si rien n’est fait, le Collectif projette d’entrer en concertation pour déterminer la démarche à suivre en vue de faire échec à toute participation de « Sweet Micky » au carnaval de Port-au-Prince, prévu du 11 au 13 février 2018 autour du thème « Ayiti jan l dwe ye ».

Tout refus de la Mairie de Port-au-Prince de satisfaire à la demande du Collectif sera une déclaration de guerre aux citoyens qui pourront choisir de se faire justice eux-mêmes, soutient-il, appelant les autorités à assumer leurs responsabilités pour éviter tout dérapage.

Le comité du carnaval voudrait favoriser la participation de "Sweet Micky" de Michel Joseph Martelly aux festivités au lieu du groupe Brothers Posse de Don Kato, actuellement sénateur de l’Ouest, dont la méringue carnavalesque est titrée « Danse Petro », met-il en garde.

Cette meringue dénonce les personnes impliquées dans la dilapidation des Fonds Petro-caribe.

Un rapport d’enquête de la Commission éthique et anti-corruption du sénat a indexé plus d’une quinzaine de personnalités - dont deux anciens Premiers ministres, Jean Max Bellerive (novembre 2009 - mai 2011) et Laurent Salvador Lamothe (mai 2012 - décembre 2014) - ainsi que d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux et des responsables de firmes de constructions, impliquées dans des appels d’offres suspects.

Le groupe Sweet Micky est interdit de participer au carnaval de Gonaives (département de l’Artibonite, Nord) ainsi que de celui de Jacmel, prévus pour le week-end prochain.

Cette décision a été prise par le comité du carnaval des Gonaïves après que des citoyennes et citoyens de la ville des Gonaïves ont appelé les autorités concernées à empêcher l’éventuelle participation de Martelly, à ces festivités carnavalesques dans leur commune.

Pour leur part, Le maire de Jacmel, Marky Kessa et ses deux assesseurs Bénissoit Jean-Pierre et Loudie César fondent leur décision sur le fait que « la période carnavalesque ne doit pas constituer un moment de débauche, de violence, de vengeance, d’incitation à la débauche, encore moins d’infractions aux bonnes mœurs », indique un communiqué daté du 29 janvier.

Avant de prendre cette mesure, les maires ont consulté divers secteurs de la commune ainsi que l’Association des maires du Sud-est.

« Le carnaval de Jacmel constitue un patrimoine » et « peut intéresser toutes les catégories sociales », considère la municipalité.

La Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), Tèt kole ti peyizan et le Mouvement démocratique populaire (Modep) ont exhorté les autorités concernées à interdire la participation de Martelly au carnaval de Port-au-Prince.

Les organisations souhaitent que le comité du carnaval ainsi que la Mairie de Port-au-Prince emboîtent le pas à ceux des Gonaïves (département de l’Artibonite, Nord) et de Jacmel (Sud-est). [la emb gp apr 31/01/2018 12 :40]