A travers Haiti

Haïti-Carnaval : Sweet Micky indésirable à Jacmel comme aux Gonaïves


mardi 30 janvier 2018

Jac., 2mel (Haïti) 29 janv. 2018 [AlterPresse] --- La participation du groupe musical Sweet Micky, du chanteur et ancien président Michel Martelly, a été interdite au carnaval de Jacmel (Sud-est), qui se déroulera le week-end prochain, suivant une décision officielle de la mairie de cette ville.

Tout comme la municipalité des Gonaïves (Artibonite, Nord), celle de Jacmel vient de décider d’interdire Sweet Micky dans le défilé du célèbre carnaval local, dans un communiqué daté du 29 janvier et dont copie est parvenue à AlterPresse.

Le leader du groupe, Michel Martelly, est réputé pour la grivoiserie exacerbée de ses chansons carnavalesques et pour ses propos obscènes, violents et haineux lors de ses interventions publiques, ses spectacles et au carnaval.

Le maire Marky Kessa et ses deux assesseurs fondent leur décision sur le fait que « la période carnavalesque ne doit pas constituer un moment de débauche, de violence, de vengeance, d’incitation à la débauche, encore moins d’infractions aux bonnes mœurs ».

« Le carnaval de Jacmel constitue un patrimoine » et « peut intéresser toutes les catégories sociales », considère encore la municipalité, qui, avant de prendre sa décision, a consulté divers secteurs de la commune de Jacmel ainsi que l’Association des maires du Sud-est.

Marie-Ange Noël, coordonnatrice de l’association féministe Fanm Deside de Jacmel, se réjouit de la mesure annoncée par la municipalité.

Cette organisation ainsi que plusieurs autres avaient pris position publiquement contre la participation de Sweet Micky au carnaval.

Quelques proches de Martelly à Jacmel ont exprimé leur colère à la veille de la décision de la mairie, selon des informations communiquées à AlterPresse.

Des pressions auraient été exercées par de hautes autorités de Port-au-Prince pour contraindre le maire à faire marche-arrière.

Avant ces derniers développements à Jacmel, un mouvement anti-Sweet Micky a pris corps aux Gonaïves et a abouti, la semaine dernière, à l’exclusion du groupe de Martelly au carnaval de cette ville.

Des citoyennes et citoyens des Gonaïves avaient appelé les autorités concernées à disqualifier Sweet Micky et d’autres groupes musicaux à caractère immoral et irrévérencieux.

Des festivités carnavalesques se déroulent dans plusieurs villes et en particulier à Jacmel, le week-end prochain, une semaine avant la tenue du carnaval de Port-au-Prince, prévu du 11 au 13 février. [apr 29/01/2018 22 :00]