Développement durable

Population : Plus de 130 mille personnes viennent s’installer, chaque année, dans les villes en Haïti, selon la Banque mondiale


jeudi 25 janvier 2018

Privilégier un urbanisme résilient, améliorer l’efficacité et le coût des transports, renforcer le système financier municipal seraient des stratégies porteuses, aux yeux de la Banque mondiale en Haïti

P-au-P, 25 janv. 2018 [AlterPresse] – « Chaque année, 133 mille personnes laissent les zones rurales pour s’installer en ville », relève un rapport de la Banque mondiale sur l’urbanisation en Haïti, rendu public le mardi 23 janvier 2018.

Intitulé « les villes haïtiennes : des actions pour aujourd’hui avec un regard sur demain », ce rapport mentionne que 90 % de la population haïtienne vivait en milieu rural, dans les années 1950, indique un communiqué de presse, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Au moins un (1) Haïtien sur deux vit à présent en milieu urbain.

Le processus d’urbanisation rapide en Haïti est aggravé par les catastrophes naturelles et leurs coûts considérables, souligne la directrice des opérations à la Banque mondiale pour Haïti, Anabela Abreu [1]. .

« Construire des villes résilientes et durables constitue une priorité pour promouvoir l’accès de toutes et de tous aux opportunités », estime Abreu.

L’urgence d’aujourd’hui, en Haïti, serait de répondre à la demande croissante de services et d’emplois, mais aussi de transports et de logements abordables dans les villes.

Il est essentiel de remédier au manque d’infrastructures et de services, et d’améliorer l’aménagement du territoire pour réduire les risques, auxquels sont exposées les personnes vivant dans les villes en Haïti, avance le directeur au pôle Développement social, rural, urbain et résilience de la Banque mondiale, l’Egyptien Sameh Wahba.

Des actions, liées à l’accès aux services de base, à l’aménagement du territoire et à l’exposition aux catastrophes naturelles, doivent être mises en œuvre, afin de faire face aux défis des villes haïtiennes, recommande le rapport de la Banque mondiale en Haïti.

Il conviendrait de privilégier un urbanisme résilient, pour remédier au déficit d’infrastructures et mieux se préparer à la croissance urbaine de demain.

Il serait également opportun d’améliorer l’efficacité et le coût des transports, de mieux articuler les transports avec l’aménagement du territoire.

Il faudrait, par ailleurs, renforcer le système financier municipal, dans l’objectif de combler le déficit d’infrastructures et de services, et de s’adapter à l’augmentation (la croissance) de la population urbaine.

Ces stratégies proposées seraient susceptibles, selon le rapport de la Banque mondiale en Haïti, de renforcer la résilience dans les villes et d’améliorer les opportunités pour la population.

L’Organisation des Nations unies (Onu) avait plaidé pour la mise en œuvre d’actions, visant à développer les bonnes pratiques environnementales, à l’occasion de la journée mondiale de l´environnement, le 5 juin 2017.

Or, des pratiques d´urbanisation massive et sans contrôle se font dans des espaces à risques (notamment sur les côtes), où les conditions adéquates ne sont pas réunies, ni ne respectent les normes de construction, avait déploré l’Onu. [bd emb rc apr 25/01/2018 09:45]

[1Ndlr : d’origine portugaise et femme-médecin de formation, Anabela Abreu a été nommée, en septembre 2017, Directrice Pays de la Banque mondiale pour Haïti.