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Le GRALIP pour la lucidité et la sérénité dans la presse en Haïti


dimanche 29 septembre 2002

Texte du GRALIP sur les derniers developpements concernant la situation de la presse haitienne

Le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Liberté de
la Presse (GRALIP) recommande aux consoeurs et
confrères à toujours user de sérénité et de lucidité
face aux insinuations du régime en place voulant
impliquer la presse indépendante dans la planification
d’un prétendu coup d’Etat en Haïti.

Le GRALIP signale, à l’attention du public, que les
assimilations du président du 26 novembre, Jean
Bertrand Aristide, faites contre la Presse devant les
fidèles lavalas le 27 septembre, tombent dans un
contexte d’une série d’attaques caractérisées tendant
à discréditer la noble profession de journaliste et
les entreprises professionnelles représentées par les
médias.

De 2001 à 2002, le GRALIP relève une constante dans le
discours du pouvoir politique contre les journalistes
et les médias indépendants, accusés par lavalas de
diffuser des montages et des mensonges.

En septembre 2002, quelques jours après les taxations
d’office des médias par la Direction Générale des
Impôts obéissant aux ordres reçus, le Secrétaire
d’Etat à la Communication Mario Dupuy prétendait que
les médias serviraient la cause de partis politiques
d’opposition. C’est le même argument qui a été avancé
par l’ex-titulaire Guy Paul au lendemain de
l’assassinat, le 3 décembre 2001 à Petit-Goâve (à 68
kilomètres au sud de Port-au-Prince), du journaliste
Brignol Lindor accusé d’avoir été membre d’un
regroupement politique d’opposition.

Cette même structure lavalas annonçait des surprises,
non encore révélées jusqu’à date, sinon que celles
publiées dans le journal gouvernemental « L’UNION »,
relatives à l’enquête qui se poursuit sur l’enlèvement
le 15 juillet 2002 du journaliste Israel Jacquy
Cantave de Radio Caraïbes. La Presse attend les
résultats de l’enquête, déclarée ouverte, sur les
menaces d’incendier Radio Kiskeya dans la soirée du 26
septembre 2002.

Le GRALIP rappelle aussi qu’en avril 2002, au lieu de
trouver une substance à cette structure sans aucune
base légale, la Secrétairerie d’Etat à la
Communication mettait en avant le projet lavalas de « 
responsabiliser la presse haïtienne », par une
prétendue « loi sur la Presse ».

Entre-temps, le contenu informationnel et à la ligne
éditoriale des « médias d’Etat » continuent à dire
long sur la vision étriquée du régime concernant la
Liberté de la Presse et le Droit à l’Information.
Comment des autorités de premier plan ont-elles pu
lancer des énormités du genre « libète laprès, libète
lapawòl : gras a lavalas », au mépris de tous les
textes de référence en matière de libertés de la
presse et d’expression présentant celles-ci comme des
droits inaliénables ?

Aux yeux du GRALIP, la vérité historique aujourd’hui
en 2002, une Presse indépendante qui a lourdement payé
les avatars de la période tumultueuse de septembre
1991 à 1994, en répercutant les opinions sur les
principes démocratiques de restauration de l’ordre
constitutionnel interrompu, ne saurait nullement
s’engager à faire le jeu d’éventuels putschistes.

La vérité historique en 2002, la Presse indépendante
en Haïti hypothéquerait sa mission démocratique en
choisissant de cacher les laideurs de la réalité
nationale entretenue par un pouvoir politique, devenu
contesté, non seulement à la lumière des élections
ratées de l’année 2000, mais aussi aux évidences de ce
qui en est résulté dans la vie quotidienne de chacune
et de chacun.

Le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Liberté de
la Presse (GRALIP), qui constate encore avec
satisfaction que la presse indépendante n’est pas
dupe, convie les journalistes et les médias à 
maintenir leur vigilance et leur esprit critique, la
lucidité et la sérénité en toutes circonstances,
notamment face au développement à venir de la
situation du pays, au regard des engagements
internationaux.

Port-au-Prince, le 29 septembre 2002