Développement durable

18 décembre, journée internationale des migrantes et migrants

Haïti-Droits humains : La plateforme Garr appelle le parlement à ratifier la Convention des Nations unies sur les droits des migrantes et migrants


lundi 18 décembre 2017

P-au-P, 18 déc. 2017 [AlterPresse] --- La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) appelle les parlementaires haïtiens à ratifier la convention internationale sur la protection des droits de toutes les travailleuses migrantes et de tous les travailleurs migrants, et des membres de leurs familles, à l’occasion de la journée Internationale des migrantes et migrants, ce lundi 18 décembre 2017.

La ratification de la convention donnera un argument de plus aux organisations de droits humains, qui accompagnent les personnes migrantes, dans les actions de plaidoyer auprès des États qui reçoivent des migrantes et migrants haïtiens, notamment la République Dominicaine, estime Géralda Sainville, responsable de communication et de plaidoyer à la plateforme Garr.

Cet appel a été lancé lors d’une conférence de presse, le vendredi 15 décembre 2017, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Adoptée par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (Onu) le 18 décembre 1990, dans sa résolution 45/158, cette convention internationale sur la protection des droits des migrantes et migrants, une fois ratifiée par le parlement haïtien, devrait permettre d’avoir un cadre juridique pour analyser et orienter la politique migratoire d’Haïti..

Cette ratification de la conventio ninternationale sur la protection des droits des migrantes et migrants, déjà signée, par Haïti, en décembre 2013, rendra effective la volonté d’avoir un cadre protecteur en faveur des migrantes et migrants, souligne la plateforme Garr, dans une lettre ouverte adressée au parlement.

« Aujourd’hui, Haïti est un pays d’émigrantes et d’émigrants. Mis à part les déplacements internes de population, en constante évolution pour de multiples raisons, l’émigration haïtienne prend une ampleur surprenante. Une bonne partie de la population vit à l’extérieur, les estimations se chiffrent à plus de trois millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens ».

Elle déplore la situation de ressortissantes et ressortissants d’Haïti, qui se retrouvent dans des pays d’accueil, où le racisme et la xénophobie sont très marqués et se traduisent en des actes d’abus, de cruauté et de discrimination.

« Les femmes et les enfants sont encore plus exposés dans les mouvements migratoires, non seulement parce qu’ils sont des étrangers, mais aussi à cause de leur sexe ou de leur âge ».

Quoiqu’en nombre inférieur par rapport aux hommes, ces deux groupes ont vécu des expériences, qui affectent, à jamais, leur corps et leur esprit, condamne la plateforme Garr.

De début janvier au 13 décembre 2017, 31 cas emblématiques de violations, dont 7 cas d’assassinats et 24 autres liés à des sévices corporels ont été signalés à l’encontre des migrantes et migrants haïtiens, en République Dominicaine, au Brésil et au Chili.

« La Convention (internationale sur la protection des droits des migrantes et migrants) de 1990 fournit un cadre juridique international, qui permet d’analyser et d’orienter les politiques migratoires. Avec un tel instrument, l’Etat haïtien pourra entreprendre des pourparlers avec ses homologues étrangers pour d’éventuelles coopérations », fait valoir l’organisme de promotion et de défense des droits des migrantes et migrants.

Les autorités seront également en mesure d’établir, de manière proactive, des accords bilatéraux, en matière de migration de travail, et de prévenir d’autres phénomènes, tels que la migration irrégulière, le trafic et la traite de personnes.

La ratification de la convention internationale sur la protection des droits des migrantes et migrants facilitera aussi la garantie des mesures de protection, en faveur des immigrantes et immigrants qui sont sur le territoire national en Haïti.

La plateforme Garr invite les parlementaires à affirmer leur « engagement unanime par rapport aux valeurs substantielles, partagées et reconnues, qui sont inscrites dans la Convention, en faveur de toutes les femmes et de tous les hommes, même en étant des travailleuses et travailleurs migrants ». [nc emb rc apr 18/12/2017 13:35]