Développement durable

18 décembre, Journée internationale des migrants

Haïti-Droits humains : Le Service jésuite aux migrants plaide en faveur de l’adoption d’une nouvelle loi migratoire


lundi 18 décembre 2017

P-au-P, 18 déc. 2017 [AlterPresse]--- Le Service jésuite aux migrants/Solidarite fwontalye-Haïti (Sjm/Sfw-Haïti) appelle les autorités haïtiennes « à élaborer au plus vite une nouvelle loi migratoire en remplacement de l’ensemble des textes existants, qui sont pour la plupart désuets », à l’occasion de la journée internationale des migrantes et migrants, ce lundi 18 décembre 2017.

« Cette nouvelle loi devra être basée sur le respect de la dignité de la personne, en conformité avec les principaux instruments internationaux relatifs aux droits humains », recommande le Sjm/Sfw-Haïti, dans un communiqué transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Il souligne combien cette loi migratoire est urgente au vu du taux croissant d’émigration de la population haïtienne et de la diversification de ses flux migratoires.

Il appelle tous les secteurs de la société haïtienne ainsi que la communauté internationale « à s’engager pour exiger cette nouvelle loi migratoire pour le respect et la dignité des migrantes et migrants haïtiens ».

« Face aux nombreux défis liés au phénomène migratoire, la population a besoin d’être protégée. Les ressortissantes et ressortissants haïtiens ont le droit de pouvoir migrer en toute sécurité ».

Certains textes, datant de l’époque du régime des Duvalier (1957-1986), toujours en vigueur aujourd’hui, ne correspondent plus au contexte actuel. Ils ne permettent pas de protéger les droits des migrantes et migrants haïtiens, confrontés à une autre réalité et à de nouveaux défis, signale le Sjm/Sfw-Haïti.

Il critique le fait qu’en Haïti, le droit à la documentation n’est pas garanti pour l’ensemble de la population.

« Un important pourcentage de la population n’est pas doté de son acte de naissance. Sans ce document, il est impossible d’obtenir des documents d’identité et de voyage tels qu’un passeport qui permet à la population de voyager en plus de sécurité ».

L’organisme de défense des droits des migrantes et migrants déplore également le manque d’accompagnement, des autorités étatiques haïtiennes, aux ressortissantes et ressortissants haïtiens vivant à l’étranger, en particulier en République Dominicaine, notamment dans l’obtention de leurs papiers d’identité.

Ce qui peut considérablement augmenter leur vulnérabilité sur le territoire étranger, met en garde le Service jésuite aux migrants/Solidarite fwontalye-Haïti, évoquant l’échec cuisant du Programme d’identification et de documentation des immigrants haïtiens (Pidih) mis en œuvre par l’Etat haïtien en République Dominicaine en juillet 2014.

De juin 2015 à fin novembre 2017, 102, 740 personnes, dont de nombreux enfants, expulsées du pays voisin, ont été accueillies dans les bureaux respectifs du Sjm/Sfw-Haïti, en conséquence de cet échec.

« Ces chiffres ne prennent en compte ni les cas de refoulement, ni les retours spontanés des personnes ayant fui des persécutions ou parties avant d’être expulsées », précise-t-il.

Il fustige l’absence de tout encadrement étatique pour faciliter la réinsertion dans la société haïtienne des migrantes et migrants, de retour sur le territoire haïtien, après avoir vécu à l’étranger.

Il exhorte les autorités à donner un accompagnement à ces personnes, spécialement, celles qui ont pu souffrir de violences physiques, psychologiques ou sexuelles après avoir été expulsées.

Il encourage les autorités haïtiennes à ratifier la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, signée par l’Etat haïtien le 5 décembre 2013.

Cette convention internationale a été adoptée par l’Organisation des Nations Unies (Onu), le 18 décembre 1990, date consacrée journée internationale des migrantes et migrants.

L’existence d’un instrument légal en Haïti protégeant les droits des migrantes et migrants est aujourd’hui encore plus que nécessaire, dans un contexte où ces derniers font l’objet de violations constantes, avance le le Sjm/Sfw-Haïti. [emb gp apr 18/12/2017 10 :55]