A travers Haiti

Droits humains : La plateforme Garr déplore les mauvaises conditions de vie des communautés frontalières en Haïti


mercredi 13 décembre 2017

P-au-P, 13 déc. 2017 [AlterPresse] --- La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) critique les mauvaises conditions de vie des communautés frontalières en Haïti, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse, à l’occasion du 69e anniversaire, le 10 décembre 2017, de la Déclaration universelle des droits humains (Dudh).

Les femmes, les enfants, les personnes rapatriées, entre autres, sont les plus touchés par les violations de droits humains dans les zones frontalières. Ils sont continuellement exposés aux abus de toutes sortes, tant sur le territoire national que du côté de l’État voisin, relève la plateforme Garr.

Elle exhorte les autorités haïtiennes à améliorer les conditions de vie des communautés dans ces zones, à les doter d’infrastructures de base nécessaires et à y implémenter des programmes socio-économiques.

Elle leur recommande également d’établir des mécanismes adéquats de gestion des zones frontalières, en vue de prévenir les divers types de conflits, qui se transforment généralement en violence.

Ces communautés sont « trop longtemps délaissées […]. Les inégalités sociales de toutes sortes et l’inaccessibilité à des services sociaux de base, tels que l’éducation, la santé, l’eau potable, le logement décent, font partie de leur quotidien ».

« La situation des droits humains est grave dans tout le pays », soutient la plateforme Garr, citant en exemple le cas de Cornillon/Grand-Bois et de Ganthier, deux communes frontalières dans le département de l’Ouest.

Elle souligne l’absence d’écoles publiques à Génipailler, 5e section de Cornillon/Grand-Bois, d’adduction d’eau potable et le dysfonctionnement de deux centres de santé. Les infrastructures routières de Cornillon/Grand-Bois sont pratiquement inexistantes et la route principale, qui y conduit, se trouve en de très piteux états.

Les deux sections communales à Ganthier, Mare Roseaux et Pays pourri, sont oubliées par les autorités centrales. Privées de services de santé et ne disposant d’aucune infrastructure de base, ces sections, très éloignées du centre communal de Ganthier, ne sont accessibles qu’à pieds ou à dos de bêtes.

Même situation pour de nombreuses autres communes frontalières, comme Anse-à-Pitres, Savanette, Thomassique, Baptiste, etc.

L’Etat haïtien semble faillir à sa triple mission, qui est de respecter, de protéger et de garantir les droits de ses ressortissantes et ressortissants, souligne la plateforme Garr,

Ce serait, selon elle, l’un des facteurs, qui poussent les Haïtiennes et Haïtiens en général, les jeunes en particulier, « à vouloir quitter, à tout prix, le pays, pour émigrer à l’étranger, dans des conditions souvent périlleuses ». [rjl emb rc apr 13/12/2017 13:45]