Perspectives

Haïti-USA : Après l’annulation du Tps, Brian Concannon Jr et Géralda Sainville font l’inventaire des actions à entreprendre

Un procès contre l’administration Trump ?
vendredi 24 novembre 2017

P-au-P, 24 nov. 2017 [AlterPresse] --- L’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (Ijdh) entend intenter un procès contre l’administration du président américain Donald Trump, pour avoir pris la décision d’annuler, de manière « arbitraire », le Statut de protection temporaire (Tps, en Anglais) pour les 59 mille migrantes et migrants haïtiens vivant aux États-Unis d’Amérique.

« En tant qu’avocats, nous allons traduire en justice l’administration, pour avoir pris cette décision, non conforme à la loi américaine », annonce Brian Concannon Jr, directeur exécutif de l’Ijdh, invité à l’émission TiChèzBa, prévue pour être diffusée les samedi 25 et dimanche 26 novembre 2017 sur la station en ligne AlterRadio (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm).

« Aux États-Unis, on ne peut pas prendre une décision arbitraire. Nous allons montrer, devant un tribunal (fédéral), que la décision prise est arbitraire », poursuit-il au micro du journaliste Gotson Pierre.

Cette décision est « arbitraire », parce qu’elle a été prise sur la base d’un autre mode d’évaluation de la crise en Haïti, contrairement à celui mis en avant, au moment de la mise en place du Tps, souligne-t-il..

Les 59 mille Haïtiennes et Haïtiens, sous menace d’expulsion à partir de juillet 2019, avaient bénéficié du Tps sur le territoire américain, sous l’administration du président Barack Obama, en raison de la crise existante en Haïti, depuis le tremblement de terre destructeur du 12 janvier 2010, rappelle-t-il.

Depuis lors, d’autres crises ont surgi dans le pays, comme celles de l’épidémie du choléra (d’octobre 2010 à date) ainsi que des cyclones (Matthew, les lundi 3 et 4 octobre 2016, (et Irma, le jeudi 7 septembre 2017), qui ont provoqué des dégâts assez importants, avance Concannon Jr.

Dans sa méthode d’évaluation, l’administration Trump a décidé de considérer, uniquement comme crise, le tremblement de terre du 12 janvier 2010, en négligeant les autres crises, engendrées par le choléra et ces cyclones, fustige-t-il.

Il est assez clair qu’Haïti, toujours en situation de crise, n’est pas en mesure d’accueillir toutes ces migrantes et tous ces migrants haïtiens, argue-t-il.

Malgré tout, les autorités des États-Unis d’Amérique ont décidé, le lundi 20 novembre 2017, de mettre fin au Tps, pour les 59 mille Haïtiennes et Haïtiens, qui en bénéficient sur le territoire américain.

L’Ijdh travaille actuellement avec des parlementaires américains (démocrates et républicains), qui supportaient le renouvellement du Tps pour les Haïtiennes et Haïtiens.

Des projets de loi sont déjà déposés, au Congrès américain, en faveur de l’octroi d’une résidence pour des migrantes et migrants de diverses nationalités, y compris des Haïtiennes et Haïtiens, indique Concannon Jr.

S’ils sont expulsés des États-Unis, les bénéficiaires du Tps auront du mal à s’intégrer dans la société haïtienne

La responsable de la section communication de la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), Géralda Sainville, exhorte les autorités haïtiennes à multiplier les négociations, avec celles des États-Unis, pour trouver une nouvelle issue, plus favorable aux migrantes et migrants haïtiens, sous menace d’expulsion à partir de juillet 2019.

En plus des démarches individuelles, il faut faire des alliances, avec d’autres secteurs, en vue d’une solution à ce problème, recommande-t-elle.

S’ils sont expulsés des États-Unis, ces rapatriés auront du mal à s’intégrer dans la société haïtienne, prévient-t-elle, tout en appelant à une amélioration des mauvaises conditions de vie en Haïti, en vue d’éviter d’autres crises.

La plateforme Garr faisait partie d’un ensemble d’organisations, initiatrices d’une pétition de 3 mille signatures, en faveur du renouvellement du Tps, remise, le 15 novembre 2017, à l’Ambassade des États-Unis d’Amérique, en Haïti. [emb gp apr 24/11/2017 13:20]

Emmanuel Marino Bruno