Développement durable

Haïti-Rép. Dom./Migration : Disponibilité de nouveaux Centres frontaliers de ressources, pour les migrantes et migrants, à l’initiative de l’Oim


lundi 27 novembre 2017

P-au-P, 27 nov. 2017 [AlterPresse] --- Après Belladère (sur la frontière commune avec Comendador, chef-lieu de Elias Piña, l’une des 32 provinces en République Dominicaine), le jeudi 23 novembre 2017, un nouveau Centre frontalier de ressources (Crf) sera inauguré, en cette dernière semaine de novembre 2017, à Malpasse (sur la frontière commune avec Malpaso), avec l’appui de la branche en Haïti de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Une structure frontalière de ressources est, actuellement, en cours de construction à Ouanaminthe (département du Nord-Est, sur la frontière commune avec Dajabon).
Depuis juin 2017, fonctionne un Centre frontalier de ressources à Anse-à-Pîtres (département du Sud-Est, sur la frontière commune avec Pedernales).

Au courant de ces initiatives, des organisations de défense des droits des migrantes et migrants annoncent, pour bientôt, une évaluation du fonctionnement de ces Crf, pour voir s’ils prennent en compte ou non tous les besoins des migrantes et migrants en difficulté.

« Ces structures permettent une meilleure identification, orientation et assistance aux migrantes et migrants (en situation de vulnérabilité), tout en offrant un espace de coordination équipé, pour favoriser le renforcement des synergies entre les actrices et acteurs de protection locaux », souligne la branche en Haïti de l’Oim, dans une note en date du 23 novembre 2017.

Les besoins en assistance aux migrantes et migrants, particulièrement pour les femmes et les enfants, sont nombreux, sur toute la zone frontalière avec la République Dominicaine, relève l’Oim.

Bernard Lami, député-chef de mission de l’Oim en Haïti, déplore les conditions très difficiles, dans lesquelles la majorité des migrantes et migrants arrivent, de la République Dominicaine, sur le territoire national : « pour la plupart livrés à eux-mêmes, sans ressources, séparés de leurs familles, sous-alimentés, épuisés, après avoir passé, parfois, plusieurs jours dans des centres de détentions »…

Mis en œuvre par l’Oim, avec le soutien financier du gouvernement du Canada, le projet « aide aux enfants et femmes (en situation de vulnérabilité) dans les zones frontalières en Haïti » vise à améliorer les capacités des actrices et acteurs locaux, dans la lutte contre les méfaits de la migration irrégulière et la traite des personnes sur les quatre points frontaliers officiels de Ouanaminthe, Belladère, Malpasse et d’Anse-à-Pîtres.

Des mécanismes de référencement sont mis en place, pour faciliter l’accès aux services de base et favoriser une réintégration durable, en Haïti, des migrantes et migrants (en situation de vulnérabilité).

« Le Centre frontalier de ressources constitue la pierre angulaire de ce projet, pour permettre l’enregistrement, puis le référencement des migrantes et migrants (en situation de vulnérabilité) vers les structures d’assistance (centres médicaux, centres d’hébergement et autres structures), supportées par le Ministère des affaires sociales) », précise la note de la branche en Haïti de l’Oim.

Au cœur du mécanisme de protection des migrantes et migrants, retournés ou déportés de la République Dominicaine, le Centre frontalier de ressources devrait jouer le rôle de première structure étatique, appelée à assurer un retour digne et sécurisé des migrantes et migrants haïtiens dans leur pays d’origine.

De plus en plus, les cas de retours forcés ou volontaires continuent d’être enregistrés, régulièrement, au niveau de plusieurs points frontaliers officiels et non officiels d’Haïti avec la République Dominicaine.

Dans des conditions critiques, ces retours forcés ou volontaires se sont multipliés, au niveau de plusieurs points frontaliers officiels et non officiels du pays, depuis l’expiration, le 17 juin 2015, du Plan national de régularisation des étrangers (Pnre) en République Dominicaine

Une prolongation a été déjà donnée, en 2016, à celles et ceux, qui avaient une résidence d’un an et dont les permis avaient expiré en juin de la même année.

Le délai d’expiration des cartes, délivrées aux migrantes et migrants haïtiens, enregistrés au Pnre, a été prolongé, pour une nouvelle année, en faveur environ 239 mille migrantes et migrants, en majorité des ressortissantes et ressortissants haïtiens concernés par ce plan en République Dominicaine, ont annoncé, le 27 juillet 2017, les autorités dominicaines.

La période de la nouvelle prolongation a débuté à partir du 26 août 2017.

Le Pnre a été adopté, suite à la sentence de la Cour constitutionnelle dominicaine, prise le 23 septembre 2013 et déclarant déchoir de la nationalité dominicaine des milliers de Dominicaines et de Dominicains, nés sur le territoire voisin d’Haïti depuis 1929. [emb rc apr 27/11/2017 0:55]