Perspectives

Haïti-Droits humains : L’Unnoh et le parti politique Rasin kan pèp la exigent la libération d’un directeur d’école brutalisé par la police

Dénonciation des violences sanglantes du lundi 13 novembre 2017 à Gran Ravin
vendredi 17 novembre 2017

P-au-P 17 nov. 2017 [AlterPresse] --- L’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh) et le parti politique Rasin kan pèp la exigent la libération du directeur du collège Maranatha, Armand Louis, incarcéré, depuis le 15 novembre 2017, au Pénitencier national, la plus grande prison civile haïtienne, basée à Port-au-Prince.

Cette arrestation brutale, effectuée le lundi 13 novembre 2017, dans le cadre d’une opération policière à Gran Ravin, dans le quartier de Martissant (périphérie sud-est de la capitale, Port-au-Prince) est « illégale et injuste », critiquent les deux organisations, en conférences de presse séparées, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous demandons à la justice et à la police de libérer, au plus vite, le directeur Armand Louis et d’ouvrir une enquête », réclame le coordonnateur de l’Unnoh, Josué Mérilien, en conférence de presse, le jeudi 16 novembre 2017.

L’Unnoh dénonce une tentative de la Police nationale d’Haïti (Pnh) de mettre la mort, le lundi 13 novembre 2017, à Gran Ravin, de Jimmy Boyard et de Guy Evens Philidor, deux policiers de l’Unité départementale de maintien d’ordre (Udmo), sur le dos du prédicateur Armand Louis, directeur du collège Maranatha..

L’ingénieur Armand Louis, directeur du Collège évangélique Maranatha, membre du comité exécutif de l’Union évangélique baptiste d’Haïti (Uebh) et ancien membre de la Commission (présidentielle) indépendante d’évaluation et de vérification électorale (Cieve) - du processus controversé de l’année 2015 en Haïti -, a été brutalisé, puis transporté à la Direction départementale de l’Ouest (Ddo) de la Police nationale.

Louis a été auditionné, le mercredi 15 novembre 2017, par le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, qui, après analyse, a décidé d’acheminer le dossier vers le cabinet d’instruction criminelle.

Le parti politique Rasin Kan Pèp la qualifie l’opération de véritable massacre contre la population, lors d’une conférence de presse, ce vendredi 17 novembre 2017.

« Nous sommes indignés », que la Police n’a toujours pas diligenté une enquête, 5 jours après ce massacre, en vue d’identifier les vrais coupables de ces crimes, fustige le porte parole du parti Rasin kan pèp la, Camile Chalmers.

Dans une note, la mission protestante Union évangélique baptiste d’Haiti (Uebh) a déploré fermement le comportement des policiers nationaux envers l’ingénieur Louis.

« Tous ceux, qui le connaissent, peuvent témoigner de son intégrité, de sa rectitude et de son intérêt pour l’éducation de tous les enfants de la zone ».

La mission protestante Uebh réclame une enquête pour déterminer les conditions, dans lesquelles sont décédés les vaillants policiers et les innocentes victimes du Collège évangélique Maranatha.

« Ce massacre, survenu sur le campus de la mission Uebh, devra aussi interpeller tout le monde, concernant cette bombe à retardement, que constitue la zone de Gran Ravin, si on permet qu’elle continue à s’étendre de façon anarchique ».

« Les interventions anti-gangs font trop de victimes innocentes. Les honnêtes citoyens sont toujours exposés, quand les bandits s’affrontent entre eux, ou bien avec des policiers », déplorent les riveraines et riverains dans la zone.

De son côté, la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice (Minujusth) appelle les autorités nationales à ouvrir une enquête judiciaire sur les violences sanglantes, enregistrées, le lundi 13 novembre 2017, à Gran Ravin, dans le quartier de Martissant.

L’opération anti-gang, menée par la Pnh a fait plusieurs morts, dont deux policiers nationaux, un gardien et un professeur du Collège évangélique Maranatha, selon les informations disponibles.

Sept civils et deux policiers nationaux ont été tués, alors que 31 personnes sont arrêtées, selon un nouveau bilan de la Pnh, en date du jeudi 16 novembre 2017.

Le constat de neuf cadavres a été dressé par un juge de paix, dépêché dans le quartier, selon des médias. [nc emb rc apr 17/11/2017 15:45]