Dépêches

Haïti-Santé : Le Dr Junot Félix dresse un tableau sombre du système sanitaire haïtien


vendredi 10 novembre 2017

P-au-P, 09 nov. 2017 [AlterPresse] --- Le docteur Junot Félix, également professeur d’Université, critique le manque d’infrastructures sanitaires pour répondre aux besoins de santé de la population haïtienne.

43% de la population des communautés rurales n’ont aucune structure de santé, déplore Felix, lors d’une conférence organisée, le 6 novembre dernier, par l’association nationale des visionnaires en santé (Anavis) et le Groupe de recherche et d’action sociale (Graso) autour du thème : « Le système santé haïtien face aux risques socio sanitaires ».

« Presque la moitié du territoire haïtien n’a aucune structure de base en santé », indique-t-il lors de cette conférence à laquelle a assisté AlterPresse.

Comment le système de santé peut-il faire face aux risques, comment peut-il être réactif aux besoins de santé s’il n’a pas les infrastructures adéquates ?, s’interroge-t-il.

Le système sanitaire haïtien rencontre des problèmes de ressources, de structures, d’organisation, de gestion et de financements, constate Dr Félix.

Il rappelle que l’objectif de tout système de soins consiste à améliorer en permanence l’état de santé de la population, la protéger contre la maladie et répondre à ses attentes et besoins.

« En Haïti, on devrait avoir pour objectif (…) de protéger les Haïtiens de tous les risques sanitaires comme les risques infectieux et les maladies chroniques comme la sous-alimentation ».

Ces risques peuvent occasionner des maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle et des problèmes cardiaques. Les faibles ressources investies en santé ne permettent pas de mettre en place des moyens pour prévenir ces genres de maladies, regrette Dr Félix.

Le professeur d’Université plaide en faveur d’un meilleur accès à des services de santé de qualité.

Des activités de sensibilisations liées à la santé et l’environnement se déroulent, du lundi 6 au lundi 20 novembre 2017, dans 20 écoles situées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, annonce-t-il.

Ces initiatives viseraient à encourager les écolières et écoliers à changer de comportement par rapport à l’environnement.

Des visites de places publiques et des séances de formation en gestion et transformation de déchets ainsi qu’en traitement de l’eau potable auront lieu, entre autres, précise le président de Graso, Berlony Gilles.

Gilles recommande à l’Etat de définir de nouvelles politiques publiques adaptées aux contextes de précarité du pays.

Il appelle au renforcement de la capacité du système de santé et la prise en compte de l’accès de la population à l’eau potable.

Après le passage de l’ouragan Matthew, les lundi 3 et mardi 4 octobre 2016, presque 60% des réseaux d’eau potable ont été endommagés dans le Grand Sud. [bd emb gp apr 09/11/2017 14 :10]