Perspectives

Justice : Poursuite de la grève des magistrats dans les cours et tribunaux en Haïti


mardi 10 octobre 2017

P-au-P, 09 oct. 2017 [AlterPresse] --- L’Association professionnelle des magistrats (Apm) annonce, ce lundi 9 octobre 2017, la poursuite de leur grève, entamée (pendant 10 jours en septembre 2017) dans les cours et tribunaux sur le territoire national en Haïti, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

L’Apm menace de reconduire la grève, si l’Exécutif ne se ravise pas, avant le vendredi 13 octobre 2017, date de la fin de cette deuxième tranche d’arrêt de travail.

Le mot d’ordre de grève, lancé par l’Apm, pour ce 9 octobre 2017, est respecté jusqu’ici, se réjouit le président de l’Association, Me Wando Saint-Villier, contacté par l’agence en ligne AlterPresse.

Saint-Villier indique avoir reçu des rapports assez positifs, sur la reprise de la grève des juges, ce lundi 9 octobre 2017.

Ce sera ainsi toute la semaine, puisque « les magistrats étaient déjà très disposés à entrer en grève », soutient-il.

Le titulaire du Ministère de l’économie et des finances (Mef), Jude Alix Patrick Salomon, ne s’est pas présenté, le vendredi 6 octobre 2017, pour la signature d’un protocole d’accord, préparé par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), « avec la pleine participation » du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp) ainsi que du Mef.

Dans ledit document, il est prévu, entre autres, la réparation et la reconstruction de tribunaux en mauvais état, l’acquisition de matériels roulants pour des tribunaux de paix et de première instance, et de matériels de bureaux pour le Cspj.

Ce document prévoit également l’allocation d’une indemnité (équivalant à 1/4 de leur salaire) aux juges, le paiement de 39 millions de gourdes de dettes du Cspj, la participation du Cspj dans l’élaboration d’un éventuel budget rectificatif et la prise en compte des besoins du système judiciaire dans la loi de finances 2017-2018.

L’absence inexpliquée de Jude Alix Patrick Salomon , qui, pourtant, a été désigné par le président de la république, Jovenel Moïse, dans le cadre de ces échanges, exprime la position de l’Exécutif et son manque de respect vis-à-vis de l’appareil judiciaire en Haïti, fustige le président de l’Apm.

La grève actuelle, qui devra durer toute la semaine, se tient en vue de protester contre cette attitude et de porter l’exécutif à revenir à la raison.

L’une des conditions, pour la levée de ce nouvel arrêt de travail des juges, est la signature, par le ministre Jude Patrick Salomon, du protocole d’accord, à l’élaboration duquel il a participé et qui a déjà la signature du titulaire du Ministère de la justice etde la sécurité publique (Mjsp), Me Heidi Fortuné, insiste Saint-Villier.

Selon le protocole d’accord, non encore signé par le Ministère de l’économie et des finances (Mef),tout ce qui a rapport aux questions de financement est du ressort du Mef. C’est pourquoi la signature du titulaire du Mef est extrêmement importante pour la validité du document, dont la finalité est le renforcement de la justice en Haïti, explique-t-il.

S’il n’y aucune réponse de la part des autorités concernées, d’ici vendredi (13 octobre 2017), la grève sera reconduite pour la semaine prochaine, prévient l’Apm.

Un arrêt de travail dans les cours et les tribunaux de la république d’Haïti a été observé par l’Association professionnelle des magistrats, du mercredi 13 au vendredi 22 septembre 2017.

Cet arrêt de travail visait à forcer les pouvoirs politiques à donner plus de moyens au Cspj.

Les greffiers, huissiers, commis de parquets et autres membres de personnel de parquets ont repris, le lundi 2 octobre 2017, leur mouvement de grève, dans les tribunaux d’Haïti, notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Cet arrêt de travail (des greffiers, huissiers, commis de parquets et autres membres de personnel de parquets), qui coïncide avec la réouverture officielle des tribunaux, le lundi 2 octobre 2017, vise à forcer les autorités judiciaires à apporter une réponse satisfaisante à leurs revendications : une augmentation salariale significative, compte tenu du coût de la vie, des programmes de formation continue pour les greffiers, des cartes d’assurance et de débit ainsi que de meilleures conditions de travail. [rjl emb rc apr 09/10/2017 16:35]