Développement durable

Haïti-Migration : Refus d’accès gratuit de soins de santé aux ressortissantes et ressortissants haïtiens en République Dominicaine


mercredi 4 octobre 2017

P-au-P, 03 oct. 2017 [AlterPresse] --- Les autorités dominicaines refusent l’accès gratuit aux soins de santé aux ressortissantes et ressortissants haïtiens en République Dominicaine, rapporte la plateforme Groupe d’appui aux rapatries et réfugiés (Garr), dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Des femmes haïtiennes, ayant l’habitude d’aller accoucher dans les hôpitaux publics, en territoire dominicain, devront payer pour avoir accès aux soins de santé dans des centres hospitaliers privés dominicains, indique la plateforme Garr, citant une organisation partenaire dominicaine.

« C’est inadmissible que le gouvernement dominicain dépense 5 milliards de pesos (Ndlr : US $ 1.00 = 64.00 gourdes ; 1 euro = 80.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), chaque année, en soins de santé pour les étrangers, notamment les femmes enceintes de nationalité haïtienne », estime le directeur du service national de la santé, en République Dominicaine, Nelson Rodriguez Monegro.

En ce sens, l’effectif des militaires dominicains a été augmenté, depuis juillet 2017, dans les points frontaliers haïtiano-dominicains, en vue de prendre le contrôle de la situation.

Suite à cette mesure, plusieurs femmes enceintes haïtiennes, qui ont tenté de traverser la frontière, pour aller donner naissance à des nouveau-nés en République voisine, ont été rapatriées.

D’après le journal en ligne dominicain Listin Diario, 40 ressortissants haïtiens dont 15 femmes enceintes, qui tentaient d’entrer en territoire dominicain, ont été arrêtés et reconduits, en Haïti, le samedi 16 septembre 2017.

Les résidentes et résidents dans plusieurs communes frontalières du Sud-Est, du Plateau central, de l’Ouest et du Nord-Est sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres, pour accéder au service hospitalier, dans d’autres communes, pour tous les cas qui nécessitent une intervention chirurgicale, à cause des difficultés majeures en matière d’infrastructures sanitaires.

Les résidentes des communes frontalières de Cornillon/Grand-Bois (Ouest), de Thiotte, d’Anse-à-Pitres (Sud-Est), de Belladère et de Thomassique (Plateau central) préfèrent se rendre en territoire voisin, en vue de recevoir des soins de santé à un coût réduit.

À Ouanaminthe (Nord-Est), il y a un centre hospitalier équipé et privé, où les résidentes et résidents de ladite commune frontalière doivent avoir de moyens financiers pour accéder aux services sanitaires.

Pour subir une césarienne, une femme enceinte, à Anse-à-Pitres (distante de 152 km de Jacmel) ou Thiotte (distante de 109 km de Jacmel), est contrainte de se rendre jusqu’à Jacmel (principale ville du département du Sud-Est).

Les habitantes de Belladère et de Thomassique (Plateau central) font également face aux difficultés d’accès aux soins de santé.

Cette situation augmente l’affluence des patientes et patients, en quête de soins de santé, dans d’autres lieux, dont le territoire voisin d’Haïti

Pourtant, les autorités gouvernementales en Haïti ont accordé une part non significative, à l’éducation et à la santé, dans le budget controversé pour l’exercice fiscal 2017-2018..

Des 144 milliards de gourdes prévues, seulement 4.3% sont destinés à la santé et 15.9% au secteur de l’éducation pour une population de plus de 10 millions d’habitantes et d’habitants.

Il est temps que les autorités haïtiennes accordent de l’importance à la santé et à l’éducation de la population haïtienne, estime la plateforme Garr, plaidant en faveur d’un budget rectificatif, dans lequel des fonds suffisants seront alloués à la santé et à l’éducation.

Ce qui permettra, selon la plateforme Garr, de réhabiliter et de construire des écoles publiques, des centres hospitaliers dans le pays, notamment dans les zones frontalières, au bénéfice des filles et fils du pays, afin qu’ils n’aillent plus se faire humilier, en territoire dominicain, en quête de soins de santé et de pain de l’instruction. [emb rc apr 10/03/2017 11:45]