Dépêches

Haïti-Droits hmains : Des organisations féministes s’élèvent contre l’éventuelle présence d’un "batteur de femme" à la tête de l’Opc


mercredi 27 septembre 2017

P-au-P, 26 sept. 2017 [AlterPresse] --- Le nom de Renan Hédouville, figurant parmi les trois personnalités à briguer le poste de l’Office de la protection des citoyennes et citoyens (Opc), constitue une banalisation des violences exercées sur les femmes en Haïti, estiment la Solidarite fanm ayisyèn (Sofa) et Kay Fanm.

« Mettre un batteur de femme à la tête d’une telle institution serait un signal pour banaliser les violences et les agressions contre les femmes. Cela dissuaderait les victimes à porter plainte en cas d’agressions », fustigent-elles, dans une note de presse, transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Ces organisations de défense des droits des femmes déclarent avoir, en 2004 et 2005, « accueilli et accompagné un cas de violence conjugale, impliquant Me. Renan Hédouville comme auteur ».

Joint au téléphone par AlterPresse, Hédouville n’a pas souhaité réagir à ce sujet.

Parmi les trois noms - Renan Hédouville, Antonal Mortimé et Jacquenet Oxilus - proposés à l’Exécutif par le Parlement (deux par la chambre des députes et un par le Sénat), l’Exécutif en choisira un pour remplacer Florence Elie, l’actuelle titulaire de la Protection des citoyens en Haïti.

L’Exécutif et le Parlement poursuivent, en ce moment, le processus de désignation du nouveau dirigeant de l’Opc.

Étant une institution prestigieuse, l’Opc se doit d’avoir, à sa tête, des personnages qui vont mettre, au service du pays, leurs expériences, leur adresse et leur conviction, en matière de respect et de promotion des droits humains, rappellent Sofa et Kay fanm.

L’Opc se doit de protéger les citoyennes et citoyens et leurs droits, face à toutes celles et tous ceux voulant les violer, font-elles valoir.

« Ceux qui violent les droits des gens ne peuvent, en aucun cas, se retrouver à la tête des institutions de l’État ». Pourtant, c’est ce qui se promeut depuis des années en Haïti, critiquent-elles.

Harrison Ernest, ancien directeur de la Radio-télévision nationale d’’Haïti (Rtnh), a fait l’objet d’accusations pour attouchements sexuels sur des employées, en 2014. « Les employées plaignantes ont été révoquées et le directeur n’a pas cessé de monter en grade », déplorent-elles.

Josué Pierre-Louis, ancien membre du Conseil électoral provisoire (Cep), qui aurait été impliqué dans un dossier de viol, en 2012, sur une employée, continue aussi de gravir les échelons, dénoncent Sofa et Kay fanm. [rjl emb gp apr 26/09/2017 13:10]