Perspectives

Haïti-Politique : Une coalition d’organisations annonce deux nouvelles journées de manifestations contre le budget 2017-2018


lundi 25 septembre 2017

P-au-P, 25 sept. 2017 [AlterPresse] --- La coalition des organisations démocratiques de l’opposition [1] annonce deux nouvelles journées de mobilisation dans les rues, les jeudi 28 et samedi 30 septembre 2017, contre l’impopulaire budget 2017-2018.

Ces manifestations seront réalisées dans le Plateau central, au Cap-Haïtien (Nord), à Saint-Marc (Artibonite, Nord), Jacmel (Sud-Est), Léogâne, Petit-Goave et dans la capitale Port-au-Prince (Ouest), précise le militant politique Me Michel André (photo), l’un des porte-parole de la coalition, lors d’une conférence de presse, ce lundi 25 septembre 2017, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« Ce budget criminel qui vise à appauvrir la population et à décapitaliser la classe moyenne ne sera pas applicable, quoique publié par l’Exécutif (dans le journal officiel Le Moniteur) », tente de rassurer le militant politique.

La mobilisation contre le budget sera désormais permanente, soutient-il.

« Quand un gouvernement viole les lois de son pays, la seule porte de sortie du peuple, c’est l’insurrection et les mouvements populaires », avance, pour sa part, l’ancien sénateur et président de l’assemblée nationale, Simon Dieuseul Desras, évoquant l’article 25 de la déclaration universelle des droits humains.

Des membres du gouvernement auraient la velléité de commettre des crimes contre les membres de l’opposition qui luttent contre l’application de l’impopulaire budget, prévient-il.

Desras menace de poursuivre le président Jovenel Moïse devant le tribunal pénal international, au cas où un militant dans le camp de l’opposition serait victime.

Des hommes en treillis militaires, se réclamant des Forces armées d’Haïti (Fad’h) démobilisées depuis 1995, auraient procédé à « l’enlèvement » de plusieurs personnes, qui participaient à une manifestation anti-budget, le vendredi 22 septembre 2017, rapporte l’un des avocats de l’opposition, Marc-Arthy Jean-Louis.

Une dizaine serait, pour le moment, au pénitencier national, fait-il savoir, tout en exigeant la libération immédiate et sans condition de ces militants.

Dans un communiqué, le Ministère de la défense dit condamner toutes initiatives d’anciens militaires, visant à jeter la confusion et à hypothéquer l’avenir de la nouvelle force de défense, que le pays entend rebâtir sur des bases solides, afin de la rendre capable de lutter efficacement contre les effets des catastrophes naturelles.

Le Ministère de la défense est l’unique organe, chargé, par la loi, d’appliquer la politique du gouvernement en matière de défense, rappelle-t-il.

De son côté, le responsable de la coordination communale de Port-au-Prince, au sein de l’Union nationale des normaliennes et normaliens (Unnoh), Ebens Cadet, réclame le départ du président Jovenel Moïse.

L’Unnoh apporte son appui à toute mobilisation allant en ce sens.

Entourées de confusion, deux journées de grève, annoncées pour les lundi 25 et mardi 26 septembre 2017, par les syndicats de chauffeurs, en vue de protester contre la promulgation du budget, ont été reportées aux lundi 2 et mardi 3 octobre 2017.

Rentré de New-York après sa participation à la 72e assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (Onu), Jovenel Moïse a annoncé que le budget va entrer en vigueur à partir du 1er octobre 2017, date du début de l’année fiscale 2017-2018, lors d’un point de presse, donné le vendredi 22 septembre 2017, au salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture, à Port-au-Prince.

Le président, à la tête d’une manifestation pro-gouvernementale improvisée, sur la route de l’aéroport international de Port-au-Prince, le même jour, s’est buté, au carrefour de l’Aéroport et de Delmas, sur l’hostilité de personnes non identifiées, qui ont lancé des jets de pierres sur son cortège. [jd emb gp apr 25/09/2017 15:10]

[1La coalition des organisations démocratiques regroupe des sénateurs et députés de l’opposition, des élus du parti politique Fanmi Lavalas, des partis politiques Vérité, Inite, Pitit Dessalines, Kore-n, Kontrapèp la, Palmiste, « Pou nou tout » (Pont) et des organisations régionales, paysannes, entre autres.