Dépêches

Haïti-R.D/Arrêt 168-13 : Le Garr appelle l’État dominicain à « redresser la barre »


lundi 25 septembre 2017

P-au-P, 25 sept. 2017 [AlterPresse] --- Le Groupe d’appui aux rapatries et réfugiés (Garr) appelle l’État dominicain à « redresser la barre », à l’occasion du 4e anniversaire (23 septembre 2013-23 septembre 2017) de l’arrêt 168-13 pris par le Tribunal constitutionnel dominicain contre des milliers de Dominicaines et Dominicains d’ascendance haïtienne, pour la plupart.

Cet arrêt qui a rendu apatrides des milliers d’individus dont, en majorité, des Dominicains d’origine haïtienne, est qualifié de « génocidaire » par le journaliste dominicain Juan Bolivar Diaz, rapporte le Garr.

La discrimination et l’apatridie sont en constante évolution sur le territoire voisin, condamne le Garr, soulignant combien il est de la responsabilité de l’État dominicain de « redresser la barre » à ce sujet, au regard des prescrits du Droit International.

Plus de 6 mille victimes de cet arrêt vivent en ce moment dans des conditions difficiles en Haïti, indique un travail de monitoring réalisé par le Garr et des partenaires à la frontière dominicaine.

Quatre ans plus tard, ces victimes ne jouissent toujours pas pleinement de leurs droits, déplore le Garr qui appelle les secteurs étatiques et les sociétés civiles à des actions reflétant le respect et l’acceptation de l’autre sur l’Ile.

Il estime que « la situation des personnes victimes de l’Arrêt TC 168-13 (…) ne peut être jetée aux oubliettes. »

« C’est un devoir de mémoire de toujours rappeler cet acte sinistre qui constitue un événement majeur dans l’histoire de la République Dominicaine et surtout un tournant capital dans la vie de centaines de milliers de personnes », soutient-il.

« Même si la mobilisation régionale et internationale contre cette sentence raciste perd, de plus en plus, l’envergure initiale, rien n’aténue pour autant ses conséquences désastreuses sur la vie de centaines de milliers de Dominicaines et Dominicains d’ascendance étrangère », argue le Garr.

Ces individus « en majorité d’ascendance haïtienne sont considérées comme des citoyens et citoyennes de seconde zone, aujourd’hui », déplore-t-il.

La situation des victimes de l’arrêt 168-13, quatre ans plus tard, est compliquée. Beaucoup d’entre elles font face à de nombreuses difficultés. Rien n’est fait pour améliorer véritablement leur situation malgré les interventions d’organisations de droits humains comme le Mouvement socio-culturel des travailleurs haïtiens (Moctha), dénonce-t-il.

L’adoption de cet arrêt en septembre 2013 avait provoqué à l’époque une vague de protestations nationales et internationales. [rjl emb gp apr 25/09/2017 14:20]