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Haïti-Politique : La vice-présidente du Cspj demande à Jovenel Moïse de ne pas publier le budget controversé 2017-2018


mercredi 13 septembre 2017

P-au-P, 13 sept. 2017 [AlterPresse] --- La vice-présidente du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), Wendelle Coq, enjoint Jovenel Moïse d’exercer son droit d’objection à la loi de finances 2017-2018, d’un montant de 144 milliards de gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 64.00 gourdes ; 1 euro = 81.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui).

Elle invite Moïse à poser un acte concret, en exerçant son droit d’objection dans le respect strict de la Constitution en vigueur, dans une correspondance en date du 12 septembre 2017, dont a pris connaissance AlterPresse

Cet acte permettra, selon elle, d’éviter d’énormes préjudices au principe de séparation des trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire.

Le budget, voté par le parlement, ne tient pas compte des besoins du pouvoir judiciaire. Cette situation de mépris des besoins du pouvoir judiciaire est « préjudiciable à l’équilibre de la nation », insiste Coq auprès de la présidence en Haïti.

Au regard de l’article 136 de la Constitution, le président de la république, garant de la paix sociale, doit veiller à la bonne marche des institutions de l’État, souligne le Cspj qui appelle à une action diligente pour remédier à ce qu’il désigne comme « une grave anomalie ».

La Fédération nationale des maires haïtiens (Fenamh) est montée au créneau pour dénoncer la loi de finances 2017-2018, qui entend, selon elle, réduire les charges de la Contribution foncière sur les propriétés bâties (Cfpb).

Principale source de revenus des collectivités et des communes de la république, la Cfpb représenterait 95% à 97% du financement des collectivités, avance la Fenamh.

Des milliers de manifestantes et manifestants ont défilé à nouveau, le mardi 12 septembre 2017, dans les rues de Port-au-Prince, pour protester contre le vote, par le parlement, du budget 2017-2018, jugé controversé.

Le gouvernement dit condamner avec « la plus grande rigueur » les actes de « vandalisme », enregistrés lors de cette manifestation.

Le budget 2017-2018 a été voté par la chambre des députés, le samedi 9 septembre 2017, lors d’une séance organisée avant le départ en vacances de ces derniers, le lundi 11 septembre 2017.

L’Assemblée des sénateurs l’avait également adopté, dans la soirée du mercredi 6 septembre 2017, avec 18 voix pour, 2 abstentions et 1 contre. [am emb rc apr 13/09/2017 12:07]