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Haïti-Transport : Une ligne aérienne fait attendre 10 heures à ses passagers à l’aéroport de Port-au-Prince


lundi 11 septembre 2017

Par François-Frantz CADET

Soumis à AlterPresse

Une journée exceptionnelle avec JetBlue…

Le 12 août 2017 nous avons passé, mes 2 enfants (dont un porteur d’handicaps) et moi, 10 heures à l’aéroport de Port-au-Prince avant de s’envoler pour NY par le vol JetBlue Airways B6 1834. Une panne clouant un avion au sol ce n’est rien d’anormal et c’est même préférable ; mais qu’au bout de 6 heures d’attente, les passagers soient ignorés, méprisés et entassés dans une trop petite salle d’attente dans laquelle la compagnie continue à faire rentrer les passagers des 2 vols suivants aussi en retard (Boston et New York) c’est indignant, dégradant et irresponsable. Pour moi qui suis habitué à utiliser les lignes aériennes trans-atlantiques où le respect des passagers est une règle, cette situation vécue était devenue déshumanisante. Qui peut mériter un tel traitement ? Personne. Mais 250 passagers l’ont subi.

Avec 40 minutes de retard, nous avons embarqué vers 11h21, pour être débarqués environ une heure plus tard. Il semblerait que la climatisation a été contrainte à l’arrêt pour faciliter la réparation en cours. C’est dans cette unique salle d’attente dont dispose JetBlue que les passagers du vol 1834 allaient subir les affres de l’incompétence des gestionnaires de la compagnie et de l’inconséquence des administrateurs de l’aéroport. Oui, des agents de services habilités à porter dans l’aéroport des gros trousseaux de clés, n’ont pas pu trouver celle qui ouvrait une “issue de secours” et qui aurait facilité, l’évacuation de la salle par nous devenus les otages du “1834”. Au bout de 6 heures et après que certains d’entre nous aient manifesté de leur désappointement, un bon de $10 US fut distribué à tous les passagers pour qu’ils aillent, dans des lieux qui ne correspondaient nullement à leurs besoins du moment, se faire servir un sandwich insipide et une boisson heureusement fraîche (celle distribuée avant de ressortir de l’avion étant chaude).

Vint enfin une information de “source sûre”, dixit la directrice de JetBlue, qui nous annonçait que dans l’avion du soir arrivait un autre équipage pour prendre en main notre avion réparé et nous conduire à New York. Je n’étais pas au bout de mes surprises, car installés dans l’avion la directrice au nom de JetBlue nous présenta ses excuses et nous accorda une ”faveur” de $300 de crédit à valoir sur notre prochain vol. Et le stewart de faire applaudir, hélas, les moins dénués de bon sens. Une supercherie de plus.

De qui se moque-t-on ? De quels hommes et femmes pense-t-on avoir à faire pour qu’on puisse ainsi leur ôter leur droit au respect ? Il est à rappeler que les lois internationales qui définissent les conditions du transport aérien précisent : que tout retard de plus de 5 heures, rend la compagnie totalement responsable et redevable des passagers. Or au delà de 6 heures nous n’avions rien reçu : ni information sérieuse, ni attention aux plus fragilisés d’entre nous, ni respect pour les clients que nous étions et ni réconfort matériel et moral pour les humains que nous demeurions. Nous n’avons vu aucune prise de décision hâtive, aucun sens la responsabilité manifesté. Quand les livreurs de cartons de rhum payés par les embarquants les bousculaient pour aller placer leurs marchandises au point de sortie de la salle vers les passerelles d’accès aux avions, personne ne leur a suggéré de passer autre part. Je n’ose imaginer ce qu’il se serait passé si par malheur un mouvement de panique se serait créé dans cette salle.

Ces faits ne peuvent être étouffés, sinon les solutions tarderaient à venir. Les responsabilités sont à partager entre les directions de JetBlue et de l’aéroport, car le confinement de la compagnie dans un espace réduit et insuffisant au regard du nombre de passagers transportés en cette période de l’année, crée un état d’insécurité qu’il est possible de prévenir.

Je n’en resterai pas là, la justice doit se saisir de pareilles situations qui doivent conduire les responsables à mieux assurer leurs responsabilités, à faire preuve de plus réactivité et d’offrir aux clients davantage de respect.

Contact : fr.cadet@yahoo.fr